Image de l'allée centrale d'un parc en automne, tapis de feuilles mortes

When autumn tastes like spring

Ces jours-ci, alors que l’automne avance à pas de géant, ici à Nairobi, le soleil reste longtemps au zénith. A certaines heures, ça frôle l’extravagance des 26 dégrées. Nous traversons une espèce de printemps éternel, bien arrosé par des petites pluies quotidiennes, voire des vraies trombes d’eau nocturnes, comme la saison kenyane le veut. Huit semaines depuis mon arrivée, et j’ai encore du mal à m’y faire. Mon corps s’est bien accommodé de la douceur de Nairobi mais mon esprit fait celui qui ne veut rien savoir.

Pour les dépressifs, dit-on, l’automne est une circonstance aggravante, une saison propice à la tristesse et à l’ennui. Moi, je plaide depuis toujours pour cette époque des tisanes, du temps des mutations et du crépitement mélancolique des feuilles mortes. La légende dit que nombreux sont ceux qui échangeraient l’automne tout entier pour une seule journée de printemps. Et alors que tout le monde m’envie de lézarder au soleil, en réalité, je suis encore sous le coup de l’illusion et fais de vrais efforts pour reprogrammer mon calendrier biologico-saisonnier.

Pour remédier au manque, je ferme les yeux de temps en temps, et laisse l’imagination me transporter vers l’hémisphère nord. Qu’il est agréable de me retrouver dans la campagne d’Ile de France ne serait-ce que par la pensée ! Moi, les saisons, comment m’en passer ? Elles ont rythmé toute ma vie. Et comme je suis une gourmande, c’est aussi dans les fruits et légumes que je vois défiler le calendrier. Jusque là, mon activité préférée de l’automne était la balade-ravitaillement à la ferme. Franchement, ça me manque…

Ces dernières années en région parisienne, Mr Expat et moi (nous arrivions à entraîner quelques amis ou famille, parfois) avions pris l’habitude, et le plaisir, d’ « aller à la ferme ». Oui, je dis bien à la ferme, parce que dès qu’on s’éloigne de quelques kilomètres de Paris on tombe vite dans les champs.

Gros plan net de fleur violette, type marguerite

La cueillette est très populaire dans les départements limitrophes à la capitale. Dit autrement : les banlieusards en raffolent. En revanche, j’ai constaté que les parisiens en sont beaucoup moins friands, on se contente vite du « Monop » du coin ou des marchés bio-(bobo). Je ne suis pas une adepte du bio (aïe aïe aïe, je risque de m’attirer des foudres), respecter le rythme des saisons et consommer responsable me semblent des projets moins utopiques pour mon propre mode de subsistance. C’est pour cela que j’adore le concept des Cueillettes Chapeau de Paille en région parisienne ou en province, où l’on vient cueillir soi même des fruits et légumes.

Charrette remplie de laitue

Arrivé le weekend, ça me fait le plus grand bien de laisser derrière moi le contexte urbain, avec une nette préférence pour la Ferme de Viltain, dans les Yvelines. Des fruits, des légumes, des fleurs, des vaches : le tout réuni dans une propriété à taille humaine où les distances sont faciles à parcourir à pied. A Viltain, les produits de la terre côtoient les produits laitiers et on fait d’une pierre deux coups pour ses courses.

C’est là qu’à notre retour de grandes vacances Mr Expat et moi aimions venir ramasser des pommes. Ici à Nairobi, où les pommes viennent toutes de l’import à des prix de fou, je rêve du croquant de l’akane ou de la reine des reinettes caramélisée dans une délicieuse Tatin. C’est aussi à Viltain que Mr Expat s’est laissé séduire par les cornichons, une fois la technique de la mise en conserve maîtrisée, nous avions des cornichons aigres-doux pour toute la copropriété.

Autour de la Toussaints, on trouve également les dernières tomates de l’année et les potirons qui rempliront nos caves pour la durée de l’hiver. Mais par-dessous tout, ce que j’aimais (et que j’aime toujours !) c’était plonger dans les rangées de fleurs et couper mon propre bouquet.

En rédigeant ces lignes, je m’aperçois combien l’automne me manque. Un automne parisien, un automne italien, un automne européen dans une année tristement marquée par le signe de la souffrance et de la barbarie. Depuis Paris, mes amis me rapportent la pluie et la grisaille typiques du mois de la Toussaint vécues d’ordinaire comme une espèce de malédiction saisonnière. Et moi qui toutes ces années passées dans l’hémisphère nord rêvais sans cesse de raccourcir l’été avec l’espoir d’avancer l’automne ! Pendant des saisons et des saisons, j’ai profité des fermes à cueillette avant leur fermeture hivernale, en guettant avec impatience leur réouverture au printemps.

Si vous êtes en région parisienne ou vous venez de vous y installer récemment. Voici quelques infos sur les cueillettes. Vos petits seront ravis d’apprendre que la tomate cerise ne pousse pas dans le balcon du 4ème étage, ou que les fruits rouges ne viennent pas forcément de chez Picard. A Viltain, vous pourrez également visiter la salle de traite et les étables, un spectacle aussi impressionnant qu’odorant ! Avis aux amateurs, le rayon fromage est à en perdre la tête…

Ferme de Viltain
Coordonnées GPS : 48.750980, 2.165736
Plus d’infos ici
La ferme est à 17km de Paris, mieux vaut donc être motorisé. Ouverture d’avril à fin novembre seulement. Un prix de consolation : la boutique de produits laitiers est ouverte toute l’année et propose en parallèle d’authentiques produits du terroir.

Au-delà de sa fonction d’approvisionnement, il y a toujours le plaisir de la balade dans les champs de fleurs et de pommiers. Je parie que maintenant vous envisagerez autrement l’attente de l’automne et du printemps !

Des charrettes, sacs plastique et cageots réutilisables sont prévus sur place. Prévoir couteaux, sécateur et vielles chaussures, ou bottes, en cas de pluie. Quoiqu’en région parisienne, la boue aussi contribue au charme de chaque saison 😉

Et vous, profitez-vous d’un vrai automne dans votre contrée? Est-ce que, comme moi, pour retrouver le goût du quotidien vous avez besoin du rythme des saisons ?

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7 réflexions sur “ When autumn tastes like spring ”

  1. Malheureusement, beaucoup de parisiens n’ont pas de voiture… que sinon, l’idée est excellente ! Mon rêve (enfin projet) est d’avoir mon potager. Un jour, un jour…
    En ce moment, on profite d’un automne très doux à New York et les couchers de soleil sont particulièrement magnifiques en cette saison. Ayant grandi aux rythmes des 4 saisons, je ne pourrais m’en passer également, surtout l’automne et le printemps 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Suis d’accord! C’est une des raisons pour lesquelles nous sommes restés en banlieue parisienne, la voiture et le parking! Oui, avoir son potager c’est vraiment du luxe. Nous ici, on se contente de pouvoir enfin avoir notre propre « bout de verdure », un petit jardin tout mignon pour diner « alfresco » et faire pousser nos aromates. Ça nous a complétement changé des grandes villes! Tu peux toujours tenter le potager dans le balcon, ça c’est tellement parisien… 😉

      Aimé par 1 personne

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