La première impression, la bonne

Je m’aperçois que je n’ai pas trop donné de nouvelles de notre ville d’accueil suite à notre installation en Suisse. Mea culpa, trop occupée à me flageller avec l’allemand !

Chères toutes, chers tous, vous savez que nous habitons Berne, la capitale fédérale suisse, depuis le 1er janvier 2017 (pile-poil !).  Et bien vous allez trouver cela presque décevant, mais depuis 6 mois (zut, déjà !) tout va pour le mieux. Aucune doléance à présenter à Monsieur le Bundeskanzler Thurnherr, puisque tout roule! S’agissant de la Suisse… n’est-ce pas ? Et dire qu’on a failli partir du mauvais pied entre le stress du gros déménagent, le timing de notre recherche d’appart et les rabat-joie qui tentaient de nous démoraliser … Dès qu’on prononçait le mot « Berne », ça grinçait de partout! Mais voilà que notre première « intuition » fut très positive 😀. On dit que la première impression est toujours la bonne, non? Berne avait 6 jours pour nous convaincre, elle le fit!

Vieille-ville-Berne

Kirchenfeldbrucke-Berne

Il faut vous imaginer une ville à taille humaine, où tout reste à portée de main, le piéton est légitime et les transports en commun infaillibles (maintenant dès que j’évoque Paris, j’ai les cheveux qui se dressent sur la tête). Cerise sur le gâteau : toute cette nature autour de nous ! C’est un portrait très sommaire celui que je vous dresse, mais ça nous a tout de suite parlé, nous qui avons depuis toujours une peur bleue de la vie « en province ». Alors on a dit oui, et tant pis s’il fallait que je me remette à l’allemand. Il était donc temps que je parle un peu de ma nouvelle ville d’accueil, non ?

Berne se situe du côté de la Suisse germanophone (dites plutôt dialectophone), non loin du fameux Röstigraben (« barrière des Rösti » pour la Suisse romande). Cette appellation comique (qui vient d’un plat typique alémanique à base de pommes de terre) n’est autre chose que le terme employé pour définir la frontière linguistique et culturelle entre la Suisse romande et la Suisse alémanique.

Je me réjouis de dire que Berne est une petite capitale très agréable et nous sommes ravis de profiter de son calme de ville provinciale depuis le mois de janvier. L’omniprésence de ses espaces verts est rassurante et, lorsque cela ne suffit plus, en moins d’une heure, on se précipite dans la campagne la plus authentique. La vie se déroule pépère, sans surprises,  ça va de pair avec l’étiquette de lenteur qu’on colle aux bernois. Personnellement, je ne le perçois pas mais les suisses persistent à dire que tout est d’une extrême lenteur à Berne. S’ils le disent… laissons dire 😉 .

Berne ville de l’Unesco

Berne est dans la petite liste de sites suisses classés à l’UNESCO. Mi-juin, la capitale fédérale accueillait les Journées du Patrimoine Mondial avec un programme très alléchant de visites guidées. Ce weekend justement, nous n’étions pas là, nous qui habitons Berne, c’est impardonnable ! Il va falloir se rattraper, car je vous avoue que nous avons bien des lieux intéressants historiquement dont nous n’avons pas encore su profiter.

L’Altstadt (Vieille ville) a été inscrit à l’UNESCO en 1983 en raison de son intérêt historique et son (parfait) état de conservation. Se balader dans l’Altstadt est repartir au Moyen Âge. La ville est restée intacte, avec le plus célèbre des clochers suisses et son horloge astronomique, celui du Zytgloggle (Tour de l’Horloge). On le repère à la foule de passants qui stationne à ses pieds pour voir danser les figurines au moment où tourne le mécanisme.

Centre-ville-Berne

Vue-Altstadt-depuis-Kirchenfeldbrucke

C’est un tout petit centre ville que celui de Berne, mais on peut y passer des heures à chercher ses façades polychromes, ses vieilles enseignes, les mascottes des anciennes guildes… à tout étudier dans le moindre détail. La canicule me l’empêche en ce moment, mais je trouverai bien l’occasion de vous faire la visite virtuelle de cette vieille ville moyenâgeuse qui, indépendamment de son intérêt touristique, est constamment vivante et grouille de monde. On ne parle pas ici d’un quartier musée, c’est la vie de tous les jours qui s’y déroule. Traverser l’Altstadt  à pied est un immense plaisir !

L’omniprésence du vert

Dès l’arrivée des beaux jours, nous avons proscrit les visites touristiques au profit de la verdure car s’il y a une couleur omniprésente en ville c’est bien le VERT. Des vastes tapis d’herbe que les bernois en maillot de bain se disputent entre deux plongeons dans la rivière. Les parcs publics fleurissent spontanément au printemps, chacun avec un charme qui lui est propre : le Rosengarten pour les cerisiers japonais, en avril, et pour les roses en juin ; le Marzili pour le plaisir du petit plongeon dans ses piscines gratuites et la balade le long des verges de l’Aar ; le coin du Dälhölzli pour que les plus petits rencontrent le bouquetin des Alpes, et les innombrables parcs et forêts bernoises pour décrasser les muscles avec un jogging hebdo. Le summum en matière de gazon, la colline du Gurten avec sa vue imprenable sur Berne et la possibilité d’y faire son  propre barbecue sur place (oui, c’est le sport national…). Elle invite à emprunter ses longs sentiers de randonnée en toute saison mais, surtout en ce moment, à faire la sieste. Je suis plutôt douée pour les activités de saison!

Le vert laiteux de l’Aar

Ah la rivière… une autre couleur qui me rend dingue ici, le vert de l’Aar. L’Aar est la rivière qui traverse la ville de Berne lui confèrant cette géographie si particulière. Le célèbre Altstadt de Berne est ceinturé par un méandre de l’Aar qui épouse parfaitement son petit cœur urbain depuis le Moyen Âge. Sa vue aérienne est à craquer (prise avec un drone, je suppose)!

Altstadt-vue-aerienne

***Crédit photo: Berne Tourisme

Les eaux de l’Aar arrivent des glaciers, à travers le lac de Thun (Thoune), et la puissance du courant impressionne tout autant que la température de l’eau vous fait dresser les poils ! Sa couleur particulière, d’un vert intense, la doit aux algues qui nichent sur les rochers. L’eau est d’une propreté enviable mais peut parfois prendre un ton laiteux, comme si on y avait jeté de la farine. Rassurez-vous, ce n’est rien d’autre que les minéraux contenus dans l’eau en provenance des glaciers (voilà donc pourquoi elle est glacée!).

Barenpark-Berne

En ce moment, c’est la saison de la baignade (qui malheureusement rime avec noyade, c’est atroce!) et l’une des plus grandes traditions saisonnières de Berne bat son plein : la descente de la rivière en bateau pneumatique (certains équipés même d’un grill à barbecue et chargés de caisses de bière…!) Avec une moyenne de 15 C  dans l’eau, j’adhère davantage  à cette espèce de rafting grotesque (pour moi ce sera sans bière et avec gilet…) qu’au plongeon glacial tant affectionné des bernois. Ils ont commencé à plonger dès début mai, les fous furieux !

Les viaducs qui enjambent la rivière de part et d’autre du centre ville sont des vraies œuvres d’ingénierie permettant aux transports de circuler très largement, mais elles ne feront pas, hélas, battre le cœur des esthètes. C’est vrai que, moi aussi, je leur préfère les petites passerelles piétonnes, plus séduisantes pour les badauds. Berne est pour moi une ville qui demande à être visitée à pied.

On roule à vélo à toute heure et à toute âge, du coup ça manque de parking à vélo (les parkings protégés sont payants). Un phénomène qui prend la même ampleur qu’aux Pays Bas, mais à l’échelle d’une petite ville comme Berne, imaginez-vous le résultat, on les enjambe sur les trottoirs. Allez, avouez que vous n’avez pas envie de les faire tomber comme des dominos 😉 (ce qui arrive très souvent par accident).

Trottoir-a-velos-Berne

Vivre à Berne revient à vivre à la campagne sans avoir à renoncer aux avantages de la ville. Après ces quelques premiers mois « d’adoptés », nous ne regrettons pas d’avoir choisi la petite capitale fédérale. Je vous l’accorde, Berne peut parfois afficher des airs (excessifs) de sobriété. Ce n’est pas pour rien si les Institutions Fédérales y ont élu domicile, car c’est bien depuis Berne que l’on administre la Suisse ! (« Berne a voté… » j’adore l’expression). Ou peut-être que, malgré son importante population universitaire, Berne n’est pas la ville la plus branchée de la Suisse non plus 😉. Mais nous avons le calme…  sans avoir l’ennui.

Les-pieds-dans-l'Aar-Berne

A tout cela s’ajoute une situation très centrale qui nous offre l’accès rapide à quelques unes des plus belles régions. On peut descendre les pistes de l’un des plus grands domaines skiables du pays, randonner sur le Móleson, nager dans les Trois-Lacs ou déguster les plus beaux crus du Mont Vully en moins de 2h. Plus besoin de s’organiser à l’avance pour partir en weekend, on se lève, on se tâte, puis on y va ! À peine quelques kilomètres et nous sommes dépaysés.

Les bernois appellent tout cela leur Alltag. Nous qui avons longtemps vécu à Paris et connu le chaos de Nairobi, nous parlons de qualité de vie (disons que pour un train-train quotient, on a vu pire… !). Je n’avais pas espéré le dire si tôt (et avec un tel enthousiasme !) mais, c’est déjà une réalité…  j’aime la Suisse ! Je maintiens donc ce que je vous disais au mois de mars dernier, j’y suis j’y reste.

Qui serait tent(é)e de nous rendre une petite visite ?! On vous attend.

 

 

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6 réflexions sur “ La première impression, la bonne ”

  1. Ravie de savoir que vous vous plaisez en Suisse, et j’avoue que le petit photo-reportage sur Berne donne bien plus envie que les a priori austères qu’on pourrait en avoir (totalement gratuitement puisqu’avant ce post je n’avais jamais vu une photo de Berne). Alors très bel été à Berne !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci! En effet, Berne semble avoir aussi une réputation de ville maussade. Bonnes vacances de retour dans l’hexagone, moi je ne me languis pas du reblochon, les suisses me proposent la raclette même en été 😉

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  2. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec Düsseldorf concernant l’omniprésence de la verdure, les avantages de la ville sans en avoir les inconvénients, la qualité de vie… Quand je pense à Düsseldorf, le premier mot qui me vient à l’esprit est « Gemütlichkeit », et j’imagine que Berne doit t’inspirer la même chose 😉
    (Je vois qu’on a la même réaction capillaire rien qu’à l’évocation du mot « Paris », héhé)

    Aimé par 1 personne

    1. Oui! La Gemütlichkeit est un terme qu’on associe à la suisse alémanique tout particulièrement! Quant à Paris, c’est une ville que j’adore mais bizarrement elle ne me manque pas en ce moment. Je pense d’ailleurs à quelque chose que tu avais dit une fois à propos de New-York, en lien avec le fait qu’il faut toujours suivre la dernière tendance, toujours être « in ». Ici à Berne, les créateurs de tendances sont en sommeil, et franchement cela fait un bien fou! Nehmen Sie sich die Zeit comme disait ma prof d’allemand, du coup je fais une cure de désintox! Pas toi?

      Aimé par 1 personne

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