Parme… ou

Si l’automne ne vient pas à nous, nous irons à lui !

J’ai quand même la lourde impression que cette année l’automne n’arrive pas à chasser définitivement l’été. Et pourtant qu’est-ce que j’en ai envie, de cette saison tricolore! C’est pour moi la saison propice aux retrouvailles entre potes éparpillés.

Cela fait un petit moment que nous avons pris l’habitude de nous retrouver une à deux fois par an, lorsqu’on y arrive ! Certains ayant des enfants guettent des plages horaires libres dans l’agenda de mamie; d’autres, même si en apparence plus libres, se laissent grignoter par leur travail. Arrivés à la quarantaine, on s’aperçoit qu’il n’est pas chose aisée d’improviser un « weekend retrouvailles » avec ses vieux amis, surtout lorsqu’ils sont éparpillés aux quatre coins de la planète, ou du moins, de l’Europe.

J’affectionne d’autant plus ces petits weekends italiens volés à la saison d’automne car ils m’ont permis de découvrir que l’on peut viaggiare e andare a funghi, les deux en même temps. Il suffit de se rendre dans la région d’ Emilie Romagne à l’automne, et là vous faites d’une pierre deux coups.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Vol aller-retour Paris-Bologne, une destination européenne qui reste encore très abordable si l’on sait s’y prendre à l’avance. Francesco et Vic viennent nous cueillir à l’aéroport. Jaume et Chris débarquent finalement à Bergame.

Jeudi 22h00, nous y sommes. Parme sera notre camp de base pendant 4 jours. Francesco nous a préparé un savant concentré de Parme et ses environs. S’il fallait choisir, moi, cette fois-ci je penche pour les environs. Et c’est sans appel!

Nous démarrons fort avec la chasse aux champignons (andare à funghi, pour les locaux), ou plutôt la bonne excuse de se mettre au vert et prendre un grand bol d’air. Cap sur la Strada del fungo porcino à seulement 1h de Parme. Il semblerait que le cèpe ait sa propre route touristique, et qu’il se prenne très au sérieux !

Le manger, ou ne pas le manger?

Avis aux amateurs de ces petits chapeaux sur pied: permis nécessaire de 6.50€ par jour, récolte de 3kg max par jour, un panier aéré exigé pour leur transport. C’est un jeu auquel on se prête vite à condition d’avoir quelques connaissances en mycologie.  Autrement on risquerait de se retrouver comme mon personnage préféré d’Italo Calvino, Marcovaldo, dans «  Des champignons en ville ».

Un jour, sur le bord de la plate-bande d’une avenue de la ville, tomba, on ne sait d’où, une volée de spores ; et des champignons y germèrent. Personne ne s’en aperçut, sauf le manœuvre Marcovaldo qui, chaque matin, prenait justement le tram à cet endroit-là…                               Marcovaldo, Italo Calvino

Cette petite balade en forêt m’a révélé une nouvelle route de grande randonnée en Italie : la via Francigena.      La connaissez-vous ?

Pour la petite histoire contextuelle, cette via (ou chemin des francs) était une voie de pèlerinage qui permettait d’atteindre Rome, l’un des 3 grands pèlerinages chrétiens. C’est un peu le chemin de Saint Jacques des italiens dont le parcours se prolonge jusqu’au sud de l’Italie. Des routes ayant leur origine en Espagne, France ou Angleterre le rejoignent… comme quoi, tous les chemins mènent à Rome !

Ce parcours dont je n’avais jamais entendu parler a été revitalisé ces dernières années, du moins pour la partie italienne, et offre un excellent parcours de balade à pied ou à vélo, très bien balisé. Comme projet de tourisme durable, je trouve que c’est formidable.

Nous avons fait un bout de trajet à partir du village de Berceto, au niveau du Paso de la Cisa (carte ici).  L’étape 22 de la via pénètre la forêt humide.  En file indienne, à travers des kilomètres de végétation verdoyante, nous marchons à pas soutenu, le nez dans la brume en suspension qui donne des beaux airs mystiques au sentier. Sur le bord du chemin les quelques champignons rencontrés pointent leur nez çà et là, avec de petits airs vénéneux et un sourire quasi moqueur.

Dans les chaleurs de l’été italien, cette étape doit être un vrai bol d’air. Au bout de deux heures de marche, la pluie fine… et dès les premières gouttes, on fait demi-tour. On a beau accélérer le pas, le brouillard finit pas nous rattraper et le retour se fait dans une course contre la montre avec l’averse.

Le sentier
Le sentier

Si vous faites cette balade en automne, à prévoir : imperméable, bonnes chaussures de marche antidérapantes et de l’eau en fonction des kilomètres à parcourir. En ce moment, iI se pourrait que la pluie soit des vôtres donc ne chargez pas trop sur cette dernière 😉

Les caprices de la météo nous ont tout de même permis  de trouver des beaux champignons, et tout droit servis dans l’assiette ! C’est à Berceto que  j’ai dégusté à plusieurs reprises les meilleurs champignons, cèpes et truffes noires de toute ma courte vie.

Des belles agapes pour les chanceux motorisés:
Il Bacher (c’est ici)
Manubiola, Fontanelle,
78 – Bergotto – 43042 Berceto
J’ai un faible pour cette dernière adresse, plutôt « à la bonne franquette »

En admettant que cette pause gargantuesque vous laisse de la place pour un peu de culture… je vous invite à prendre la route de l’un des nombreux châteaux du Ducato. Après Torrechiara l’an dernier, cette année nous ferons connaissance avec la Rocca di Fontanellato, juste au moment magique du crépuscule où les terrasses locales battent leur plein. Le château est harmonieusement situé au milieu du bourg, un peu comme s’il s’était substitué à la place du village. Si la fête des morts vous branche, profitez-en car en ce moment ils proposent des soirées Halloween ! A seulement une demi-heure de Parme.

Nos retrouvailles italiennes ont été géniales ! On a fait des balades, on a pris des photos, on a dormi (le strict nécessaire), on a refait le monde, mangé, bu, mangé, bu, encore mangé. Et, comme à chaque rencontre, nous avons abordé toute sorte de sujets passionnants, du sublime au plus absurde !

-vin (en tête de liste)
-nourriture
-l’Ecosse
-la différence entre un marron et une châtaigne
-comment garder une activité professionnelle ici et là-bas
-les problèmes ophtalmologiques de leurs enfants
-la Saint-Sylvestre
-Julio Iglesias
-encore l’Ecosse (tiens, tiens… il faudra que je vous en parle dans l’un de mes billets)

Et quitte à résumer, je dirais que de cette dernière escapade j’ai retenu 3 leçons :

  1. Que je ne suis pas douée pour la récolte de champignons,
  2. Que l’Italie fait grossir et,
  3. Que les frontières bougent, mais les amitiés restent.

Comme j’ai encore quelques billets à partager sur ma route de l’Italie automnale, je vous dis à très bientôt?

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