Crater Lake Game Sanctuary

La réserve privée qui se fait discrète dans la Rift Valley

Bientôt un an, et le Kenya nous emballe toujours autant ! Vous parler de ce beau pays me passionne, et toute cette nature qui nous entoure se révèle être une source d’inspiration que je ne saurais tarir. Dans ce nouveau billet, je continue à vous faire visiter le kenya mais je choisis aussi de vous éclairer un tant soit peu sur la distinction réserve nationale versus conservancy, ces deux grandes catégories qui déterminent la gestion des espaces naturels au Kenya, et que les futurs visiteurs devraient tout de suite noter dans leur carnet de voyage.

C’est aussi l’occasion de vous présenter un petit bijou d’écosystème que nous avons découvert l’an dernier et dont la discrétion et la modestie naturelles nous ont captivés.

Dans cette région située au nord-ouest de Nairobi, et connue comme la Rift Valley sud, ce n’est pas la vie sauvage et la nature qui manquent. A un jet de pierre de la capitale, elle est pour nous, citadins de Nairobi, l’occasion de reprendre une bonne bouffée d’air frais et d’oublier le chaos tapageur de la capitale. En raison de sa proximité à la capitale et du nombre de possibilités « dépolluantes » qu’elle arbore, ce n’est pas étonnant qu’elle soit l’une des régions les plus populaires parmi les expatriés et les locaux.  Nous on l’adore pour la randonnée mais aussi pour ses multiples autres activités. Et côté trafic, si ça roule aussi mal que d’habitude, on y est en moins de deux heures ;-).

Il faut savoir que dans le tourisme de type safari-faune-nature, il existe deux types de paradis au Kenya. D’une part, on y trouve les grands parcs et réserves nationales d’animaux, forêts ou océans (plus ou moins importants en taille et en richesse animale, c’est l’organisme KWS qui gère, ou ponctuellement un département régional), très connus pour le touriste étranger : Tsavo, Samburu ou le Masai Mara, ça vous parle forcément. Et d’autre part, nous sommes face à une myriade de propriétés ou réserves privées, connues sous le nom de Conservancy ou Sanctuary. Ces dernières étant toujours gérées par des fonds privés (des communautés ethniques, des individuels, des vieux colons ou des ONG) non seulement elles se suffisent à elles mêmes, mais en plus accompagnent et financent un grand nombre de projets communautaires, en même temps qu’elles font vivre durablement une partie très importante de la population locale. Je suis de plus en plus persuadée que ces dernières sont le seul futur de la sauvegarde des espèces au Kenya, car elles s’attachent vraiment à leur protection et à la création de ressources durables. Dans ce pays où la nature se débrouille toujours pour imposer sa loi, les conservancies mettent en pratique des moyens intelligents de limiter les conflits homme-faune. Sans oublier que pour le financement de ces réserves, la manne touristique, avec ses avantages et ses inconvénients, y est pour beaucoup…

Et bien, c’est dans l’une de ces conservancies que nous avons atterri peu après notre retour d’Europe. La Rift Valley sud est probablement la région que nous connaissons le mieux de par sa facilité d’accès depuis notre domicile et parce que nous y allons et venons à notre guise depuis des mois. Une météo souriante, y a-t-il une meilleure excuse pour se mettre au vert? Alors nous sommes (re)partis à Crater Lake Game Sanctuary. Notre première visite date de noël 2015 mais étant restés sur notre faim pour la randonnée, nous nous étions promis d’y retourner. Pour ne rien rater, nous avons cette fois-ci séjourné sur place, dans le seul logement existant.

Comme son nom l’indique, Crater lake est un ancien volcan dont ne reste, de nos jours, qu’un petit cratère peu téméraire mais très impressionnant par sa beauté. L’hôtel Crater Lake Tented Camp est situé au bord du petit lac qui remplit le cratère. L’eau du lac étant de nature très alcaline, la faune locale ne peut pas s’y abreuver (attention car les bêtes les plus malignes le font dans la piscine!). Mais ce qui fait le malheur de certains, fait le bonheur des autres: les moustiques ne peuvent pas non plus s’y reproduire sur l’eau. Et ça, c’est un vrai confort pour les résidents.Crater-lake-Rift-Valley

La réserve n’est pas de grande taille mais permet de se balader en toute sécurité parmi la faune résidente, et au cœur d’une magnifique forêt d’acacias typique de cette région. La balade est aisée malgré une faune très éparse et moins riche que dans d’autres réserves du Grand Rift kenyan. Les seuls deux ennemis du visiteur: le soleil et les buffles. Des carnivores, il n’y en a pas et les hyènes n’accourent qu’une fois la nuit tombée. Mais attention car de temps en temps, buffle à l’horizon, et là, il vaut mieux rebrousser chemin. S’agissant d’animaux herbivores, ils ne comptent pas vous dévorer mais ils chargent dès qu’on approche de trop leur espace vital !Foret-acacias-crater-lake-kenya Walking-safari-crater-lake-sanctuary

Pour moi, ici la vraie star est le Cratère que l’on parcourt en 2h30 maximum. On ne prend la mesure réelle du « trou » qu’en marchant sur son rebord: le lac ne couvre qu’un tiers de sa surface. Les deux tiers restants étant de la terre ferme, nous y avons aperçus des girafes et plusieurs types d’antilopes africaines. Son point le plus haut, une double colline qui ressemble à une bosse de chameau et qui culmine à 1 920m. Son ascension reste très accessible en termes d’effort. Les meilleures panoramiques sur le lac on les obtient vers le milieu du circuit et depuis le Léopard Rock. Il faut absolument terminer la balade par ce dernier, et c’est chouette d’y revenir pour le lever de soleil.

Tour-du-crater-lake-Kenya

Il n’y a rien d’autre que cela, une belle balade et l’excuse parfaite pour ensuite redescendre au bord de l’eau se désaltérer avec une bonne bière locale ! Crater Lake Sanctuary est pour moi la simplicité d’un weekend au vert, un peu aventurier si on se lance dans la rando, et d’un séjour au calme sans autre bruit que les sauts des singes Colobes, les plongeons des poules d’eau et les cris des aigles pêcheurs à l’aube. Nous y étions fin août, cajolés par un weekend de pleine lune africaine, assis autour d’un feu de camp un verre de whisky à la main (on voyage toujours avec!)… et nous avons eu beaucoup de mal à quitter ce havre de paix et de fraîcheur pour reprendre la route du retour.

singes-colobes-crater-lake

A vous de jouer :

Aux heures les moins chaudes, la randonnée autour du cratère est à faire absolument. Facile et très intéressante grâce au ranger qui vous accompagne volontairement (pourboire à prévoir, s’il vous plait !). Accessible avec enfants.

Dans la réserve privée, le safari self-drive (circuler avec sa propre voiture) n’est pas autorisé. Le safari se fait à pied à l’aide d’une carte « faite maison » prêtée par le ranger qui garde l’entrée (il faut la lui rendre après car les photocopies, ça ils ne connaissent pas !).

Demander aux rangers quels sont les coins à éviter en raison de la végétation épaisse et le risque de tomber nez à nez avec les buffles.

Des night game drives (safari de nuit) sont possibles avec voiture propre (moins cher) mais obligatoirement avec un ranger mis à disposition par l’hôtel, en plus des torches électriques puissantes accolées à votre véhicule.

Si vous êtes expatriés au Kenya et avez déjà obtenu la fameuse « alien card » (petit bout de plastique miraculeux!) ou le tampon « résident » sur votre passeport, les tarifs du Crater Lake Tented Camp sont imbattables car, comme vous le savez sûrement, le Kenya fait partie de ces pays où les prix réservés aux résidents sont bien plus raisonnables que ceux demandés aux touristes occasionnels.

Ne pas tenter l’accès à la réserve avec une voiture de ville, 4×4 impératif. Je vous aurai prévenus !

Certes, ici vous êtes très loin des gros hôtels-lodges de safari qui ont forgé la réputation du tourisme au Kenya. Cependant, l’accueil et le rapport qualité/prix n’ont pas d’égal, du moins, parmi les autres logements que nous avons pu tester. Alors, pourquoi un endroit si sympa rebute-t-il les touristes et résidents de Nairobi? Le seul hic: un accès pénible sans 4×4 (et même avec!) car très éloigné de ses compères du Lac Naivasha et situé au bout d’une route dont l’état de dégradation est de plus en plus avancé.

En période de pluies torrentielles, mieux vaut ne pas s’y aventurer. Après plusieurs visites, j’ai fini par me convaincre que cet obstacle de la piste d’accès ne fait que rajouter à son charme. C’est aussi une autre façon de regarder l’exclusivité, non?

Mais vous, aimez-vous plutôt l’isolement ou les endroits très fréquentés?

 

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2 réflexions sur “ Crater Lake Game Sanctuary ”

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