Des mains de femme coupent une baguette de pain avec un couteau suisse

Ma balade de Pâques

Weekend de Pâques à Paris?
Buttes Chaumont et Belleville, faites d’une balade, deux parcs !

Qui dit Pâques, dit Semaine Sainte.
Mettez-les dans l’ordre que vous voudrez, il y a toujours dans ce binôme quelque chose qui me gêne.  Je ne renie pas les traditions de mon pays mais, en toute évidence, ce n’est pas dû au hasard si Mr Expat ne s’est jamais frotté au folklore catho-pascal de la « Semaine Sainte » dans mon pays (si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous n’ignorez pas mes racines). A charge de (sa) revanche, en France j’ai toujours été privée de la chasse aux œufs 😦

Ne partez pas… casser le mythe du chauvinisme espagnol n’est pas le but de ce billet!  Mais en lecteurs dévoués que vous êtes, je comprends tout à fait votre intérêt à creuser cette antipathie. Vous allez certainement commencer par explorer la piste d’un quelconque traumatisme infantile : grandir dans une Espagne extrêmement catholique aurait-il entraîné de profonds dégâts dans mon psychisme d’adulte? Avant de vous noyer dans des considérations psychanalytiques,  je vous fais mes aveux. Il s’agit ni plus ni mois que de la prise de conscience tardive (mais non moins brutale) d’avoir été forcée par mes parents, depuis ma plus tendre enfance, à faire l’apologie du Ku klux Klan.

Quoi ? la photo n’est pas assez éloquente de ce que j’avance ? 😉

Du coup, de cette période de l’année je n’ai choisi de garder que les souvenirs d’un temps convivial où camping entre potes, repas en plein air et barbecues gargantuesques en famille fournissaient le prétexte suffisant à nous réunir.

Parce que je sens que ça vous démange… ici au Kenya  il semblerait que Pâques se déroule ainsi: avec 80% de chrétiens, les locaux s’installent à église pendant une bonne partie de la journée (rien qu’un dimanche normal les kenyans y passent entre 3 et 4 heures) et puis –mais seulement après l’église et le gospel- ils pratiquent le sport national : le Nyama Choma ou barbecue, la viande de chèvre étant la plus prisée des locaux. Pas trop mal comme programme, non ?

Quoi, nous ? Qu’est-ce qu’on fait de beau pour profiter de cette coupure providentielle ? Sûrement s’imposer un peu de farniente… depuis quelques semaines ça bosse d’arrache-pied ! Si on pouvait reproduire notre dernière balade parisienne, ce serait chouette.

L’année dernière nous sommes restés à Paris, le but étant de tirer quelques bouffées d’air frais dans la capitale, si toutefois cela était envisageable en ce temps-là. Si mes souvenirs sont bons, alors que Pâques est arrivé plus tard, les températures dégringolaient précocement et avec elles la qualité de l’air dans la capitale. Le printemps s’était bien installé et comme on respirait très mal, les citadins n’ont pas vu mieux que de se ruer vers les poumons verts de la capitale en espérant que la verdure suffirait à assainir l’air. C’était tellement dur, mon rhume de foins n’avait qu’une envie, que la pollution prenne enfin la poudre d’escampette.

Partis avec l’idée de remonter le canal Saint-Martin depuis République pour se prélasser aux Buttes Chaumont, nous avons fini par faire d’une balade deux parcs!

En partant de République on parcourt celle qui est pour moi la partie la plus belle du canal Saint-Martin. Les amateurs d’histoire de Paris se souviendront que le quartier faillit disparaître au milieu du 20ème siècle au profit d’une route tenue de relier les aéroports du Bourget et d’Orly. Une chance finalement de voir que le projet n’a jamais abouti.

Vue sur le Canal Saint-Martin à Paris, l'eau scintille

Avec ses passerelles métalliques et ses écluses, le canal offre une vue charmante au goût du Paris d’avant-guerre. Les fans d’architecture industrielle peuvent vous assurer qu’il s’agit d’une balade incontournable. Au printemps, et au fur et à mesure qu’on remonte le canal par les allées parallèles au plan d’eau, on salue les premiers arbres en floraison, puis inévitablement… on (moi!) se met à rêver d’occuper un appart qui donnerait sur le canal.

Si par chance on croise une péniche, les badauds applaudissent les manœuvres laborieuses que demande chaque passage d’écluse. Les automobilistes bloqués par l’ouverture des vieux ponts tournants s’en réjouissent nettement moins.

Pour un lundi de Pâques, heureusement qu’on arrive aux Buttes Chaumont avant l’heure du pique-nique parce que vers midi le mètre carré de pelouse se négocie déjà cher… Ça fait un bien fou de profiter de son casse-croûte au soleil, étalés sur la pelouse de ce qui fût au moyen-âge (qui l’aurait soupçonné ?!) le terrain d’une gigantesque décharge publique. Cet ancien lieu sinistre est aujourd’hui l’un de mes parcs parisiens préférés. Faut dire aussi, l’un des plus invraisemblables avec son tas de rochers et sa géographie accidentée et sauvage. Et que dire de ses magnifiques vues sur Montmartre…

Promeneurs du dimanche se prélassent au soleil aux Buttes Chaumont

Petit clin d’œil aux traditions de Pâques en Espagne : les œufs sont toujours présents, mais ça n’amuse personne de les cacher, on préfère plutôt les sacrifier (durs) au piquenique! Et je ne dévoilerai pas ici, même sous menace de mort imminente, ni le secret ni la manœuvre typiques utilisés dans ma région pour les éplucher… vous me prendriez pour Conan le Barbare 😉

Oeufs de Pâques décorés et posés avec des petites têtes et posés sur l'herbe d'un jardin

Il existe un coin dans le 19èmeauquel je reviens incessamment : la rue de la Mouzaïa et ses allées truffées de belles villas et de petits jardins. Sa proximité avec le parc des Buttes Chaumont en fait un lieu idéal et très agréable pour prolonger la balade. A la saison des lilas et de la glycine, c’est ici qu’il faut venir profiter des senteurs et du gazouillement des oiseaux.

Sans trop y avoir pensé, nos pas nous ont menés à Belleville où j’ai eu plaisir à retrouver des petits bouts de quartier que j’affectionne dans le XXème arrondissement (à ce sujet, je vous suggère de lire mon ancien post sur l’association l’Alternative Urbaine, vous n’envisagerez plus de visiter le quartier autrement!). Ici, aux villages de Belleville ou de Ménilmontant, où miraculeusement le bruit des voitures s’assourdit, le chant des oiseaux prend toute la place. J’adore ce quartier, populeux et toujours animé! Le Parc de Belleville, avec son maigre vignoble, offre à nouveau un joli belvédère sur Paris. Bizarrement, c’est un point de vue des moins photographiés, à croire que les touristes japonais ont la flemme de grimper jusqu’ici.

Édifiée à flanc de colline s’érige l’église Notre Dame de la Croix. Insolite, c’est le moins qu’on puisse dire! La traverser vous fera un drôle d’effet. Son parvis offre une vue plongeante sur la belle place Maurice-chevalier et sa belle fontaine Wallace, toujours intemporelle. Le coin dégage comme un petit charme provincial.

Vue de la Tour Eiffel depuis le parc de Belleville

Si en France l’arrivée de Pâques est un signe avant-coureur du beau temps, au Kenya plus le mois de mars avance, plus on se rapproche de la mousson. Donc effectivement, la perspective de faire un petit break tout de suite là maintenant devient plus séductrice. Je vous en dirai plus la semaine prochaine 😉

Voilà, à défaut de rester à Paris abuser d’œufs et autres lapins en chocolat, c’est à peu près à cela que ressemblerait mon lundi de Pâques si j’étais en France. Et vous, ce sera comment le vôtre ? Quelles sont vos plus belles balades citadines?

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9 réflexions sur “ Ma balade de Pâques ”

    1. C’est pratique quelque fois et c’est gratuit! Il suffit finalement de copier le code de l’image sur ton article. Pour cette photo c’était obligatoire, vu que je n’ai pas remis les pieds en Espagne à Pâques depuis que je possède un appareil photo!

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  1. Ahhhhhhh, la Semana Santa. Elle m’avait glacé les sangs dans un reportage photo de Géo à l’époque de mon adolescence, et j’y avais moi aussi vu un KKK de cauchemar.
    Et puis un jour je me suis trouvée pendant la semaine sainte à Madrid, à assister à une procession, et j’ai été émue aux larmes par l’expérience mystique personnelle des porteurs (et pourtant, ce n’est pas ma foi, et de loin je trouvais ça assez barbare). Depuis je regarde la semaine sainte autrement, même avec ses chapeaux pointus (turlututu ?).

    Aimé par 1 personne

    1. Chaque article que tu publies est un voyage intemporel en soit : je me surprends à fermer les yeux (pas en lisant !!!) et à ressentir les odeurs, déambuler dans les rues parisiennes au gré de tes phrases, etc… Quel bonheur !
      Même depuis Nairobi, tu nous emmènes et promènes dans Paris ! j’adore ! c’est trop génial !
      A quand « notre » prochaine balade sur ton blog ?!!!

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      1. Coucou Lamalisse! Et bien, laisse nous déjà partir en weekend (ce n’est pas encore gagné!) et puis je reprends mon teasing après Pâques jusqu’à ce que les étampois aient envie de venir nous rendre visite au Kenya ! Bises

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    2. Le sang glacé? Dis-toi que j’ai rejoint leurs rangs pendant toute mon enfance… confrérie exclusive de fifilles oblige. Ma mère vit les processions à fond, elle est très pieuse et je respecte complétement sa foi. Mais moi, je me contente aujourd’hui de regarder le phénomène d’un œil distant et touristique. Au delà de sa dimension religieuse, c’est un spectacle intéressant pour un étranger, je l’avoue. Je tâcherai d’en faire profiter à mon chéri avant la retraite! même si les festivités de la région d’Alicante ne sont pas si impressionnantes que celles de Séville 😉

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