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Berne, le kit du parfait migrant

Gérer ses démarches d’installation en Suisse en moins de 7 jours, c’est possible. La recette d’intégration concoctée par la Ville de Berne, j’ai testé!

Et moi qui craignais devoir quitter le Kenya à l’approche des élections présidentielles de 2017 (un an à l’avance, la clairvoyance des médias et la presse internationale commençaient déjà à nous taper dessus). Alertés par le remue-ménage qui a précédé les mois de l’été 2016 dans le centre administratif de Nairobi, des futurs plans d’évacuation pour les expatriés se concoctaient en tapinois au sein des structures internationales les plus prudentes. Depuis les éclats de violence inter-tribale qui ont secoué le pays en 2007-8, un traumatisme encore présent pour les kenyans malgré la décennie écoulée, les locaux savent (oh combien!) que le pire est toujours à craindre à l’approche des élections présidentielles.

Après tout, chers dieux de l’expatriation, on en vient presque à vous remercier de nous avoir épargné le stress d’un départ chaotique et imminent. Trois mois sabbatiques ont su très bien occuper cet espace de transition, autant pour Mister que pour moi, et nous encourager à voir notre verre à moitié plein. Finalement, les seuls qui n’ont jamais leur mot à dire au moment où il faut décamper ce sont nos deux félins globetrotteurs (déjà confortablement installés dans leur nouvelle vie de petits suisses 😉 ).

Après cette petite mise en bouche pour ceux qui arrivent, ou pour rafraichir la mémoire aux autres, nous voilà donc, installés en Suisse pour une période indéfinie (cette fois-ci nous avons mis un point d’honneur à ouvrir tous les cartons en moins de 7 jours). Une fois le brouillard des premiers jours dissipé, j’ai pu suivre de près les efforts déployés par la Suisse pour nous voir « intégrés au plus vite ». Et j’en suis bouche bée. Je n’en reviens toujours pas que l’Autorité cantonale des migrations elle même ait pris soin de nous expliquer jusqu’à l’usage en matière de recyclage d’ordures. A se demander si on ne fait pas de la couleur du sac poubelle la priorité des priorités dans le programme d’intégration des nouveaux arrivants dans le canton de Berne… O_o!

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Quand l’expat devient alien…

Comme chaque expatrié(e) du monde, découragé(e) par les pièges de l’immigration et, par la force des choses, souvent critique avec les lourdeurs administratives de certains pays, j’ai fini par recevoir mon « alien card ». Et j’ai sauté de joie, car il y avait bien de quoi! Cela s’est passé tout juste deux mois après mon rendez-vous auprès des services de l’immigration à Nairobi (rendez-vous qui m’a été accordé seulement après 8 mois de résidence provisoire au Kenya!). Qu’est-ce qu’une alien card? Éclairons, si besoin est, les bleus en expatriation: non, je n’ai pas décroché un premier rôle chez Ridley Scott et, non, je n’ai pas non plus échangé ma voiture contre une soucoupe volante. L’alien card n’est autre chose que la carte officielle de résident au Kenya et la fin du processus d’intégration administrative des étrangers (il était temps de sabrer le mousseux!).

J’en connais des langues ayant choisi des expressions plus élégantes, ou en tout cas moins crues, pour se référer aux personnes étrangères à tel ou tel lieu, ou résidentes dans un pays dont elles ne détiennent pas la nationalité. La langue anglaise, quant à elle, malgré sa richesse de vocabulaire, de tournures et d’euphémismes,  cette fois-ci, elle aurait pu faire usage d’un peu plus d’imagination et nous épargner l’abomination. Du coup, je ne sais pas finalement ce qui est mieux: si rester un « appendice » ou passer au stade d’ « extraterrestre ». Vous ne trouvez pas que la mutation est de taille? ;-).

N’empêche que depuis fin juillet, ce petit sésame qui se cache dans mon portefeuille et moi sommes devenus inséparables. J’ai à nouveau retrouvé la sensation d’exister, c’est un peu comme la chenille qui se transforme enfin en papillon, vous voyez? Le regard des kenyans s’adoucit quand je sors la carte et bye bye au quiz inopportuns, car maintenant tout s’explique. Je ne suis plus invisible. Je peux justifier d’un domicile et d’un numéro d’immigration. Je rentre enfin dans leurs cases. Pour eux, la paix administrative. Pour moi, une date à placer dans mes éphémérides car la lassitude commençait à avoir raison de moi.

J’en ai eu des états d’âme à cause d’un minable bout de carton plastifié de 85 x55 mm, mais c’est que ce minuscule bout de pvc peut faire des miracles! Ma couleur de peau fera toujours de moi une mzungu, mais ma nouvelle identité est en train de m’aider à réduire prodigieusement les distances. Je remarque que l’alien card me place plus près du kenyan que du touriste, et que cela semble aussi rassurer mon interlocuteur.

Un petit pas vers « l’intégration »? Ouf, quel grand mot ! Une symbolique d’initiation? Ou un rite de passage nécessaire avant de se faire adopter ? Quelle que soit la manière dont on retournera la question, devenir un « alien » semble revêtir une importance particulière aux yeux des kenyans. Force est d’admettre que ce bout de plastique vient consolider tous les efforts que nous faisons dès le départ pour nous fondre dans la masse (outre le fait de baragouiner quelques mots de kiswahili qui aident pas mal aussi).

Alors, je dis Karibu l’alien card !

D’ailleurs, à ce stade du blog, et sachant combien la vadrouille nous démange, cela n’étonnera personne si j’avoue que tout juste après notre retour d’Europe, pour trinquer à la santé de nos alien cards (et récupérer quelques congés que Mr Expat a perdus dans la bataille) nous sommes partis loin de Nairobi vite tester l’efficacité de nos nouvelles identités. Parce que, d’après vous, pour faire du tourisme au Kenya, pourquoi est-ce si important d’être reconnu comme un résident à part entière ? La réponse dans mon prochain billet!

Déménager à Nairobi en quelques jours

aïe… les 12 Travaux d’Hercule?

Là où j’étais assise, j’ai quand même réussi à tomber de ma chaise lorsque, parmi les scoops de 2016, j’apprends l’expatriation (imminente) d’une ancienne collègue de métier, suivi de très près par celle d’un très bon ami espagnol. Deux choix, deux destins différents, deux nouvelles vies, deux belles façons de commencer 2016. Tout à coup je me suis sentie moins seule dans le club des « ambulants » !

Ces nouvelles se sont glissées pile au moment où, dans ma petite tête, je faisais un maigre bilan des tribulations parcourues depuis le « début » de notre emménagement (je dis bien « début » parce que je n’en vois pas la fin !). Du coup, cela m’a permis de mieux réfléchir tout en couchant sur ce nouveau billet  une expérience qui soi-disant pourrait s’avérer utile. Bien qu’en réalité, je n’avais pas particulièrement envie de revenir sur mon vécu.

J’ai été prise de court quand, en plein milieu de mes élucubrations, des copains en manque de sensations fortes ont surenchéri ! Raconter ici les vicissitudes et déconvenues du processus d’installation au Kenya (non, mais… quelle réputation, l’Afrique !) n’était pas forcément mon trip. Ne sachant pas trop sur quel pied danser à ce sujet, je ne voudrais pas être source de stress chez ceux/celles qui s’y préparent puisque, en toute subjectivité, la mienne n’est qu’une expérience parmi d’autres. Or, ça a été catégorique, il parait que si je refuse, c’est parce que je ne suis jamais partie ( !!) Alors pour vous prouver que je ne suis pas atteinte de mythomanie, et pour que certains et certaines cessent de fantasmer sur l’aventure du « grand départ », voici la chronologie de ce que furent nos dernières heures à Paris mais aussi… celles qui suivirent notre atterrissage au Kenya.

Tout compte fait, ce n’est pas si mal de me remémorer tout cela. Je sens que je suis en manque d’adrénaline depuis quelques jours ! C’est parti…

…vivre le déménagement!