Plage de sable blanc au Seychelles

Détour par les Seychelles

Des belles plages, quelques mythes et du farniente

C’est juste une impression, ou vous vivez le jour le plus long de l’année? Félicitations, vous entrez dans la saison estivale. Quelque chose me dit que dans l’hémisphère nord on rêve déjà de vacances sur le sable. Comme je vous comprends, moi… car de ce côté de la planète, on avance à grands pas vers l’hiver africain.  Ayant été privée de mer depuis un bon bout de temps, je rêvassais dernièrement si ce n’est de plages paradisiaques, au moins d’une eau à température supérieure à celle des piscines de Nairobi (pensez aux côtes bretonnes).

Voilà une bonne raison pour que, le mois dernier, fuyant les pires assauts de la mousson kenyane (ah les redoutables pluies de mai!), je parte profiter de quelques jours idylliques dans l’Océan Indien, et plus précisément aux Seychelles. Une destination que je croyais inabordable et dont j’avais entendu tout et son contraire à propos de l’accueil des seychellois, du coût de la vie et du respect de l’environnement. Mais comme je suis tout aussi incrédule que Saint Thomas, j’ai préféré aller voir par moi même.

Je ne suis pas en mesure d’approfondir la question mais il m’a semblé que la majorité de chaînes hôtelières de luxe tachent de se cacher élégamment dans la verdure et, sur les îles principales, les plages sont propres et restent publiques. Quant à la gaité de vivre des seychellois, elle est contagieuse et la zénitude créole est bien au rendez-vous. En somme, pour une dizaine de jours de farniente, sans aucune prise de tête, la balance est restée plutôt équilibrée. Mais si vous vous attendez à une étude de cas sur l’impact environnemental de la mondialisation touristique, les effets négatifs de la modernisation de l’archipel, ou le mythe de l’écotourisme aux Seychelles, il faudra revenir plus tard ;-).

Comment avons-nous joué aux robinsonnades pendant une dizaine de jours, je vous dis tout dans ce poste. Ça va vous donner envie de ressortir vos maillots de bain!

Courant-entre-deux-îles-Seychelles

Je vais être honnête: jamais je n’aurais été tentée de mettre les pieds aux Seychelles depuis la France. C’est d’abord leur proximité au Kenya qui nous y a encouragés car seulement 3h de vol direct nous séparent de Nairobi.

Visiter les Sesel c’est cher, et celui qui affirme le contraire c’est qu’il n’y a jamais mis les pieds. Néanmoins, se laisser persuader que cet archipel est une destination inabordable serait aussi regrettable. Je n’irais pas crier sur les toits  qu’il existe beaucoup de formules à bas prix (même le guide du Routard alerte…) mais il y a toujours moyen de réduire très raisonnablement son budget. Je dis bien « raisonnable » car, en général, on ne part pas en congés au bout du monde avec l’intention de faire des économies.

Nous sommes restés une dizaine de jours à Mahé, l’île principale, car nous n’avions pas envie d’enchaîner les transferts inter-îles pour si peu de temps. On est venus fuir la mousson et chercher le repos et le dépaysement loin d’une ville comme Nairobi qui vous pompe jusqu’au dernier soupçon d’énergie au quotidien.  La dépense est un point qui tracasse souvent en vacances, mais nous avons séjourné aux Seychelles en apprivoisant notre budget, en bougeant en toute liberté et sans nous priver de bonne gastronomie locale. Je vous confie les réflexes que nous avons adoptés:

-On a le choix parmi 115 îles… 😉 et sauf à être venus avec l’intention de laisser son compte en banque sur l’une des îles-hôtel, les trois îles principales de Mahé, Praslin et La Digue offrent de quoi passer de super vacances sans se ruiner;

-Se déplacer en bus ne coûte pas cher du tout. Mahé est très bien desservie jusqu’à 19h00 approx. Et si cela reste contraignant, on loue une voiture par l’intermédiaire des locaux. La plupart des hébergements nous orienteront vers un loueur de voitures local qui peut nous livrer la voiture à l’aéroport/hôtel gratuitement (moins cher que les agences de location internationales);

-Il est intéressant de faire valoir la couverture d’assurance internationale de sa carte VISA. Pour cela, il faut pouvoir régler la totalité de la location de voiture par carte bancaire (pas d’espèces !). On épargne en moyenne de 10 à 15€ d’assurance par jour de location;

-On mange «production locale » soit aux restos créoles ou en achetant des produits pour cuisiner soi même. Un buffet créole comme celui du marché de Victoria revient à 10€. Et puis on s’approvisionne auprès des étals de fruits et légumes en bord de route, certains installés à seulement quelques mètres de leur potager! Quant aux pêcheurs, ils vendent pour deux sous leurs prises du jour fraîchement sorties de l’eau, et vous découpent le poisson sur demande. Si on a fait un tour au marché de Victoria, c’était pour le pittoresque et pour acheter de la vanille. Les achats courants sont à éviter, les commerçants multiplient les prix par deux, ou même par trois.

-On loue une chambre chez l’habitant (souvent des pensions de famille) ou l’on opte par une location en self-catering. Les pensions de famille proposent une bonne cuisine à des prix très abordables et le self-catering laisse totale liberté pour profiter de notre temps comme bon nous semble. Perso, j’ai horreur des quantités démesurées et du rythme tyrannique des buffets/pension complète des hôtels.

-On n’oublie pas d’acheter au duty free  de l’aéroport (à l’arrivée) vins, alcools et bière locale pour des petits cocktails en tête à tête car l’alcool est (très) cher sur l’île.

En restant vigilant sur ces 6 points, on met assez de côté pour s’adonner sans modération à la plongée, au snorkeling, aux sports marins, à la pêche… Ou profiter de tout en même temps, pourvu qu’on vienne à la bonne saison!

Malgré les fantasmes des îles-hôtel et des club-resort qui planent sur cette destination, je trouve que venir aux Seychelles en formule indépendante n’enlève strictement aucun charme à l’aventure.  Je comprends cependant ceux qui rêvent de vacances de vedette hollywoodienne, ou qui auraient une envie irrépressible de plages privées. Dans ce cas là, je ne vois pas d’autre solution que de secouer son portefeuille et partir sur une île-hôtel, car du moins en ce qui concerne l‘île de Mahé, toutes les plages sont publiques (et là, je dis bravo!). Qu’on paie 900€ ou 80€ la chambre, le cadre sera toujours là.  S’il arrive qu’on jette son dévolu sur une superbe plage qu’un hôtel fait mine de s’approprier, pas de frustration, il suffit de demander à traverser la propriété (à pied strictement) et on nous conduit très poliment jusqu’au sable (il faut absolument faire le test, leurs chaises longues sont souvent très confortables ;-)).

Miroir, dis-moi, dis-moi…

… les plages seychelloises sont-elles les plus belles? Et si je vous laisse plutôt vous faire votre propre idée, à l’aide de mes quelques coups de ?

Et d’un petit casting des coins que nous avons préférés:

Anse Major ♥♥♥ accessible par un chemin d’éboulis de granit qui surplombe l’océan, nécessite un peu plus d’une heure de marche par une humidité étouffante, mais on conviendra que l’effort valait la chandelle. Crique solitaire, eau cristalline, et l’après-midi personne à l’horizon. Jouer aux robinsonnades ? Ici ça le fait bien ! De rêve…

Plage de Port Launay ♥♥♥ Sur sa partie la plus large, elle est très fréquentée par les insulaires: couleur locale assurée. Ma préférence va à la petite crique, juste un peu plus loin, en roulant vers le nord-ouest, très discrète, toujours limpide et déserte.

Anse Soleil ♥♥ accessible en voiture jusqu’à un restaurant dont le gérant est exécrable (pas étonnant que personne ne vienne s’y restaurer !). Mais l’attitude du Cerbère ne nous a pas découragés, la plage est charmante et sa situation parfaite pour profiter du coucher de soleil et des pics brumeux et lointains,  une bière locale à la main.

Petite Anse ♥♥ on franchit la barrière du sophistiqué mais très discret « Four Seasons Resort » (à l’accueil, indiquer qu’on va à la plage). Quinze minutes de descente/remontée à pied valent largement l’effort. Un sable blanc et fin comme du talc, plage très bien abritée des courants, eaux transparentes de la couleur bleu Seychelles et le lieu parfait pour devenir accro aux couchers de soleil.

Fairyland beach ♥  sur la côte est, flanquée par des éboulis de granit comme ceux des cartes postales. Et un îlot minuscule au large, l’île Souris, pour faire un peu de snorkeling (un peu décevant néanmoins et dangereux en raison des courants).

Baie Ternay ♥  n’est pas exactement une plage faite pour la baignade mais lorsque la marée se retire, c’est un pur plaisir pour les yeux. Les jeux de miroir ciel-mer sont magnifiques. Au nord-ouest, là où la route s’arrête, on stationne la voiture et on continue à pied.  La baie est accessible en 15 minutes  de marche par un chemin qui traverse des casernes militaires désaffectées.

Des plages, il y en a tant et de si belles, mais pas toujours mielleuses… car selon la mousson est/ouest (ou en permanence), elles deviennent terriblement houleuses. C’est le cas de la pointe sud-ouest aux vagues sauvages. Baignade déconseillée parce qu’on risque, au pire, la noyade et au mieux, le monokini !

Furie-de-la-mer-Seychelles

Les plages seychelloises doivent leur photogénie à la présence du lagon, aux palmiers couchants, aux gros éboulis de granit, aux cordons de sable blanc… La vérité, c’est qu’elles sont belles, très belles même. Mais, comme la marâtre de Blanche-Neige, elles ne sont pas les plus belles.  Les îles principales des Seychelles sont des îles de rêve, sans doute, mais elles le sont tout autant que certains archipels du Belize, de la Malaisie, du Honduras, des Comores, des Baléares… Aux Seychelles, il me semble que les plages restent belles à leur façon, sans nul besoin d’ériger des mythes. Les gourous du marketing touristique et les catalogues de voyage de noces n’en auraient-ils pas fait un peu trop? Les plages les plus photographiées au monde? Sûrement un peu de cela aussi.

« La Mecque des plages » disent les rêvasseurs… Est-ce véritablement les plages qui nous séduisent ? Ne serait-ce plutôt le fantasme de l’exclusivité ? Ou l’illusion de se sentir Robinson Crusoé l’espace de quelques jours? (un Robinson de luxe, tout de même). Séjourner sur des îles-hôtels reste une expérience exceptionnelle de tout point de vue, un rêve. Mais une fois de plus, il n’y a pas que les plages qu’on vient chercher aux Seychelles, il y a aussi un peu de ce rêve qu’elles nous font miroiter, vous ne trouvez-pas?Ile paradisiaque dans la distance

On rêve tous d’un coin de planète rien qu’à soi, d’une île déserte… mais, moi, je dis que Mahé, Praslin ou La Digue suffisent à faire un honnête voyage :-).

Et vous, rêvez-vous aussi de visiter les Seychelles ?

                                                            —————–

Envie de découvrir d’autres histoires sur le tourisme et l’expatriation en l’Afrique? Nous avons mis en place un link-up une fois par mois. Cliquez sur la photo pour découvrir plus de billets ce mois-ci.

Voiture de safari passe près d'une girafe

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14 réflexions sur “ Détour par les Seychelles ”

    1. To be honest such a desirable destination cannot be « on a budget »… but we did manage to cut expenses somehow 😉 which means that we are likely to come back. It’s not that difficult and your holiday stays enjoyable.
      Yes, we only visited one of the main islands and it was fair enough for a week of leisure. Hope you have the chance to come back too!

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    1. Les plages sont fantastiques! La couleur de l’eau, selon la lumière du jour, me faisait beaucoup penser aux Caraïbes. Tu vois, quand l’eau prend des tonalités azur et turquoise, un peu comme à Tulum aux heures chaudes. Mais sur les Caraïbes, je crois que tu en sais quelque chose 🙂

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    1. Au plaisir Jean-Marcel ! Et merci pour tes commentaires toujours aussi agréables. On peut dire qu’entre les Seychelles et moi ce fut une petite idylle… à laquelle je m’y serai abandonnée encore quelques jours de plus 😉 To be continued.

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  1. J’avoue qu’il y a quelques années, j’y avais pensé pour un Volontariat International en Entreprise (VIE) qui n’a pas eu de suite.
    Ces belles plages qu’on peut avoir pour soi, ça donne vraiment envie et loger chez l’habitant permet de s’éloigner de la « civilisation » pour un vrai dépaysement. Mais en dehors des plages dont je ne pourrais profiter qu’entièrement couverte de vêtements anti-UV et qui sont, j’imagine la principale activité, si ce n’est, la seule, que faire aux Seychelles ?
    A défaut, voir ces plages paradisiaques en photo me fait déjà rêver, que j’en redemanderais encore 😉

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    1. Wow ! Un VIE, dis-tu ? Ça existe, ça, aux Seychelles ? Je serais curieuse de savoir dans quel secteur d’activité, même si j’ai largement dépassé l’âge d’être éligible…
      Quant aux plages, elles sont vraiment magnifiques mais je sais bien que tout le monde ne peut, ni rêve pas de passer des heures et des heures sur le sable. Il ne faut pas désespérer, à Mahé on trouve toujours des idées sympas (en plus de la plongée) pour ceux qui n’aiment pas faire la crêpe. Attends de voir le prochain poste qui arrive demain 😉 Car justement, moi je fais partie de ces touristes qui ont les jambes qui fourmillent !

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      1. Oui, un VIE aux Seychelles, ça m’avait fait rêvé à l’époque (il y a 7 ans !!). Mais ma candidature pour une mission à l’Ambassade de France n’avait pas été retenue…
        En tout cas, j’imagine qu’il est possible de profiter de la plage tôt le matin et tard le soir pour éviter d’être trop exposé aux UV.
        Je me demandais s’il y a des risques sur les plages (requins, courants…) ? Est-ce qu’il faut être particulièrement prudent et éviter certains endroits ?

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        1. C’est vrai que j’ai du mal à imaginer un VIE dans un ambiance paradisiaque, si on n’aime pas la plage, au bout d’un mois on risque de tomber en rond. Moi, ce qui me dérangerait le plus pour y rester à long terme, c’est la moiteur du climat, j’ai beaucoup de mal avec ça. Pour les plages, en effet, les courants sont dangereux (il y a eu des noyades pendant que j’y étais en vacances) et les gens partis faire du snorkeling ont tendance à s’éloigner dangereusement. La colère des plages du sud de l’île n’a rien à envier aux vagues des côtes bretonnes! J’ai été très étonnée mais il faut être hyper prudent même dans les limites du lagon.

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    1. Ah là là Tara, tu as raison… je suis même complexée de la vie dite « d’expat », ça doit être le manque d’expérience ! C’est vrai que cette année, j’ai été gâtée en découvertes. Ce serait bête de ma part de ne pas saisir de telles occasions (elles ne se présenteront peut-être pas deux fois !), tu ne ferais pas pareil, toi? 😉

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