Islande: 10 randos coup de ♥

Randonner en Islande, une vraie thérapie

Nous venons de traverser une période du genre à vous obliger à rester cloués à la maison, sous peine de voir le ciel s’abattre sur vous dès que vous faites mine de vouloir quitter Nairobi. C’est la redoutable saison des pluies, et le mois de mai s’est avéré être le pire car c’est là que la mousson battait son plein. Il semblerait néanmoins que le phénomène touche à sa fin. Nous laissons derrière nous (je croise les doigts !) des semaines tonitruantes et torrentielles dont je préfère vous épargner les détails et les nombreux dégâts qui en découlent. J’en avais marre de me balader en permanence dans mes super-sexy boots en caoutchouc (les intimes ont pu les apercevoir sur facebook!) mais c’était ça ou investir dans un boutre 😉 Un peu comme en France en ce moment, sans vouloir faire de l’humour noir.

Durant ces journées de siège aquatique, où je me suis sentie plus proche des amphibies que des humains, je me suis plongée (l’expression me va comme un gant) dans des rêveries islandaises et profité pour faire du tri dans mes photos tant que la batterie de mon PC tenait le coup. Les pluies battent en retraite mais les coupures d’électricité ne nous laissent aucun répit. Quelle différence avec l’année dernier où, à cette même époque, nous profitions du grand air en Islande. Que de beaux moments!

Au printemps dernier, Mr Expat et moi séjournions pendant 3 semaines (inoubliables) en Islande. Trois semaines dans l’île, cela signifie quelques milliers de kilomètres au volant, où nous avons frôlé de près le syndrome de Stendhal, découvert le riche nuancier des paysages islandais et quelques unes de ses beautés inédites. Mais nous avons aussi marché un peu, beaucoup, à la folie… Nous avions d’importantes décisions à prendre et grand besoin d’aérer l’esprit. Entre geysers, coulées de lave, falaises abruptes, chutes d’eau et volcans en sommeil, nous avons essayé de trouver notre rythme et une certaine sérénité. Car lorsque Mr Expat et moi-même marchons ensemble, nous regardons le paysage, faisons des pauses-glucose par ci et par là, des photos, encore des photos… On se presse, on s’attarde, on se disperse, on se recueille.

Il n’est certainement pas aisé de randonner avec nous, mais c’est à ce pas là que nous marchons, et pas à un autre. La randonnée n’est jamais pour nous une compétition, on y voit plutôt l’opportunité de se plonger dans un état de contemplation, de se focaliser sur son propre effort. Et pour cela, l’Islande est idéale, car chaque métamorphose du paysage invite presque à la retraite spirituelle !

Avertissements : Dans ce poste, je boude le Kenya, le billet va être long… et je ne parle pas du trek au Laugavegurinn (la rando star en Islande); le centre de l’île et les routes qui mènent à ce dernier étant uniquement praticables et autorisées en été.

L’Islande, je vous assure, comblera les passionnées de voyages et de longues marches en solitaire, en groupe ou en famille. Voici quelques petites randonnées (durée de 1h à 4h) que nous avons adorées. A faire au printemps ou encore mieux en été, pour nous c’était en mai et juin 2015.

1– Zone géothermique d’Hengill, des sources chaudes avec possibilité de baignade.

Belle randonnée, paysages intéressants jusqu’aux sources d’eau chaude qui nourrissent les nombreuses serres de la région. Facile, adaptée aux familles avec enfants autonomes qui monteraient un dénivelé de 300m. Penser au maillot de bain ! Durée 3h30 la boucle, selon météo.

Randonneur par mauvais temps et paysage islandais

On traverse la ville d’Hveragerdi, on passe à côté du terrain de foot et on continue jusqu’au parking. Après la passerelle en bois, montée progressive à travers de beaux paysages, et traversée aisée de plusieurs ruisseaux. Fumerolles par-ci et par-là. Sur le chemin superbe cascade de carte postale. La balade culmine dans un bassin de sources chaudes pour une baignade réparatrice.  Nous avons commencé la montée sous une pluie fine mais au bout de 45 minutes, nous avons été avalés par un nuage qui nous a recrachés un peu plus loin,  frigorifiés et mouillés de la tête aux pieds. Nous avons donc entrepris la descente gagnés par la frustration, mais en Islande il faut toujours savoir se plier à la volonté des éléments. Nous n’avons pas eu l’occasion de mettre les pieds dans l’eau mais nous sommes repartis trempés !

2-Circuit de la cascade de Svartifoss, dans le Parc National de Skaftafell

Circuit jusqu’à la cascade principale entourée de colonnes de basalte, avec une variante moins fréquentée offrant des vues époustouflantes sur le désert de sable noir. Facile jusqu’à Svartifoss, et pour la deuxième partie effort plutôt modéré. Durée de la boucle, 2h30 maximum.

Sandur en Islande, désert de sable noir

Départ du centre d’information du parc, accessible par la route 1. Très touristique jusqu’à la cascade principale car les groupes sont venus immortaliser les chutes. On s’éloigne des groupes de touristes, on traverse le cours d’eau en direction du point de Sjónarsker pour une vue sublime du désert de sable noir. Après, on suit les indications vers Sel, une ferme construite en tourbe (voir mon post sur les Turf houses) photogénique à souhait, et pour retourner au centre d’information on emprunte le sentier qui longe la berge droite des chutes d’eau et traverse le camping. Le sentier est très agréable.

3– Chemin jusqu’au glacier Svínafellsjökull

Bien qu’elle ne soit pas une rando au sens propre, j’ai envie d’ajouter cette balade. La vue sur ce glacier, membre de la fratrie du  Vatnajökull, est à couper le souffle. Se frotter le nez ou presque contre des icebergs est toute une expérience. Qui plus est, gratuite. Durée, autant que vous le souhaiterez car le chemin n’est pas balisé. Attention, il s’effondre à plusieurs endroits, mieux vaut évaluer la distance à parcourir et les risques à prendre. Prudence !

Randonneur regarde sur le glacier Svinafellsjokull

Vue sur le glacier Svinafellsjokull, Islande

Quelques kms après la sortie du Parc National de Skaftafell, en roulant direction est, une piste de gravats part à gauche, franchit un pont et mène à un parking improvisé au bout de 2km. On est au pied du glacier Svínafellsjökull. Un chemin non sécurisé (et c’est peu dire) part à gauche et offre une vue privilégiée sur les blocs de glace et les icebergs flottants. Le chemin monte à flanc de glacier, prudence, car l’énormité du spectacle risque d’absorber toute votre attention !

Avant ce jour, jamais je ne me suis tenue si près d’un glacier (sauf à l’approcher en bateau). Pour approfondir l’expérience, des agences de tourisme spécialisées dans le trek sur glacier sont dispos au centre d’information du parc. Ces balades sont préconisées en avril-mai au plus tard, juste avant que la glace ne commence à fondre et à se détacher.

4– Circuit jusqu’à la cascade solitaire de Strútsfoss

L’une des chutes les plus hautes d’Islande cachée au fond d’une vallée solitaire. Un chemin en très bon état mène au point dit « belvédère » offrant une vue plongeante sur les chutes qui se jettent au fond du canyon. Difficulté modérée avec un balisage qui se perd et qu’on passe son temps à chercher. La cascade est visible au bout d’une demi-heure de marche mais en poussant jusqu’au rebord du canyon (qui coupe la route et offre une vue grandiose sur la chute), il faut compter 3h aller-retour.

Vue de la cascade de Strutsfoss pendant la randonnée

Le site de la cascade est complètement isolé. Amateurs de solitude en randonnée, ceci est votre affaire. Lors de notre passage, la cascade était glacée sur un fond de parois striées de rouge et de noir. Formidable! Attention à ne pas descendra dans le canyon qui n’est pas praticable. La vue en contrebas (grandiose !) nous a suffit.

Canyon menant à la cascade de Strutsfoss

Le chemin commence à proximité du village d’Egilsstadir, accessible par les routes 931, 933 et 935. Il est souhaitable d’avoir les coordonnées gps pour y arriver : N64° 55′ 25.279″ W15° 3′ 5.445″ (google maps connait le chemin). La rando démarre au parking juste après la dernière ferme du coin.

5– Circuit du col et de la baie solitaire de Brúnavik (et mon plus gros coup de ♥♥♥)

Gros gros coup de de tout notre voyage dans l’une des régions qui enferme le plus de légendes fantastiques sur le Huldufolk (peuple caché), très vénéré des islandais. La région de Bakkagerdi est d’une beauté étouffante et encore un paradis pour les chercheurs de solitude.

Plage solitaire sur la bie de Brunavik

Le sentier est bien indiqué. Quelques kilomètres avant le port de Hafnarhólmi, on y trouve quelques places de parking. Aller-retour 4h mais cela nous a pris un peu plus de temps en raison de la présence de neige recouvrant la totalité du sentier.

Sentier très pentu avec plus de 300m de dénivelé, balisé avec des piquets jaunes. On atteint le col au bout d’une heure de montée (voir un peu plus), ensuite le relief s’aplatit et descend jusqu’à la magnifique baie solitaire de Brúnavik. Mmouais, ça c’est la théorie… Dans « notre » pratique, le sentier était couvert de poudreuse et on soupçonnait un peu partout des ruisseaux souterrains rendant la couche de neige très instable. Les piquets jaunes étaient tombés ou pratiquement ensevelis rendant l’orientation difficile. La balade est restée fragile et tendue pendant la moitié du trajet.  On avait l’impression de marcher sur un lac donc la croute de glace pouvait s’effondrer à tout moment. A plusieurs reprises je me suis enfoncée dans la neige jusqu’aux genoux, soulagée d’avoir touchée du solide rapidement !

Nous avons fait sûrement preuve d’une certaine imprudence à nous lancer dans cette randonnée au mois de mai car c’est la période de la fonte des glaces, mais par une belle journée au grand ciel bleu l’appel du terrain était irréfrénable. Voici comparatif du même paysage en juillet…

**Crédit photo de droite, Hervé S.

Mais comme je suis têtue, je maintiens qu’au mois de mai…  c’était magique ! Et pour oublier les frissons de la balade (au sens propre comme au sens figuratif), au retour, il faut absolument pousser jusqu’au minuscule (mais charmant) port de Hafnarhólmi, tout au bout de la route, afin de saluer la petite colonie de macareux de retour de pêche !

Macareux-Islande

6– Montée et tour complet du cratère Hverfjall

Cet itinéraire peut être aussi le point culminant de la balade suivante, (#7) à travers le champs de lave. La montée est ardue mais la vue du lac Mývatn depuis le sommet justifie l’effort. Compter 30 minutes de montée + 1h supplémentaire (selon les conditions météo et la violence du vent) pour faire le tour complet du cratère.

Sur la route du Hverfjall

Démarrage au parking de Dimmuborgir pour, soit se diriger directement au cratère du Hverfjall, soit traverser le champ de lave. Cette deuxième option rallonge la balade de 40 minutes approx.

Nous sommes arrivés par la  « porte arrière » du cratère 😉 où un sentier balisé avec des piquets et des cordes de sécurité monte en pente raide d’abord, en zigzag après, par un terrain meuble et poussiéreux. Et puis une fois en haut, nous avons découvert qu’un peu plus loin, sur le flanc du volcan, il existe un autre sentier hyper facile pour ceux qui souhaitent se contenter des photos ou monter avec des enfants. Nous avons fait le tour dans un froid glacial et contre un vent à décorner les bœufs, où nous avons été tentés à plusieurs reprises de lester nos sacs à dos avec des cailloux! Parcours éprouvant par grand vent mais magnifique. La vue est époustouflante tout autour mais aussi au fond de l’immense trou rempli de cendres.

Hverfjall-crater-Iceland Montee-sur-Hverfjall-Islande

7-Traversée du champ de lave de Dimmuborgir

Très facile, débute au même endroit que le circuit précédent mais choisit un chemin qui  nous rallonge. Compter 2h l’aller-retour jusqu’au cratère (puis il faut ajouter le temps de l’ascension). Parfaite avec enfants, à prévoir de bonnes chaussures car les formations de lave sont tranchantes et le chemin, goudronné d’abord, devient rapidement une piste bourbeuse en cas de neige ou de pluie récentes.

Randonneur dans le champ de lave de Dimmugorgir, Islande

Nous avons démarré la balade sous une grêle glaciale et fine qui accentuait l’aspect lunaire du terrain. Ça fait quelque chose de traverser un champ de lave dans de telles circonstances météo, les formations de lave apparaissent encore plus fantomatiques et tourmentées. Mais le soleil a fini par nous sourire ;-). Au loin, le cône parfait du cratère Hverfjall nous guette et nous appelle… on sait bien ce qui nous reste à faire !

Hverfjall-depuis-le-champ-de-lave-Dimmuborgir

8– Le circuit des pseudo-cratères du lac Mývatn

Circuit peu fréquenté et parfait pour ceux qui s’attarderaient autour du lac. Balade agréable dans un vaste champ de pseudo-cratères de tailles différentes, on peut passer autant de temps qu’on souhaite. Aucune difficulté si ce n’est celle de tomber dans les eaux glacées du lac ;-).

Vue d'ensemble pseudo-cratères sur lac de Myvatn

Ils se trouvent au nord-ouest (route 1) et aussi au sud-ouest du lac Mývatn (route 848). Parking dispo en bord de route, vers le sud du lac, cherchez les panneaux (et boîtes aux lettres) qui indiquent Skútustadir et les cratères se situent côté lac.

Le lieu connu comme Skútustadagigar offre un paysage très intéressant parsemé de cratères plus ou moins impressionnants, surgis de la terre comme des champignons ou des boutons d’acné qui auraient poussé sur le visage du lac. On peut monter sur les cratères pour survoler le paysage, longer les plages de sable noir du lac, ou jouer avec les reflets de lumière sur les eaux plates. Aucun défi en particulier si ce n’est celui de profiter de la zénitude des lieux, de son esthétisme ou des dizaines d’espèces d’oiseaux qui visitent le lac. Au moment où le soleil fait semblant de se coucher… c’est beau beau beau !

Chemin de balade sur le lac Myvatn, pseudo-cratères

9– Traversée de la minuscule île de Hrisey (et deuxième gros coup de ♥♥)

Cette île minuscule coincée dans le fjord d’Eyjafjördur, tout près de Dalvik, vaut sincèrement le coup d’œil. La boucle de randonnée fait 5km. Pour une visite dans la journée, ce qui est largement suffisant, on fait la traversée en  ferry.

Accès à Hrisey par le ferry à partir d’Arskógströnd, seulement piétons, la voiture reste au parking du port. Traversée de 15 minutes à peine. Sur l’île, le village coloré est un vrai havre de paix.  Superbes perspectives sur les bras de terre enneigés du fjord, on se sent embrassés pendant toute la balade.

Au mois de mai, l’île est encore tourbeuse et enneigée mais la balade est superbe. Ambiance d’isolation et bout du monde. Amateurs d’oiseaux, l’île est un petit paradis pour la nidation du lagopède. Ici encore nous avons subi la violence du vent pendant des heures mais nous lui avons tenu tête avec un apéro pique-nique (de l’extrême!) à la bière locale ;-).

 10Rando sur la côte de basalte d’Arnarstapi

Arnarstapi-chemin-randonnee-Islande

On ne quitte pas la péninsule de Snaeffells sans parcourir la côte d’Arnarstapi. Un grand classique ce circuit à travers un champ de lave aux formes torturées et menaçantes. Quand le vent ne rend pas trop difficile la tâche, on longe une succession de falaises où le bleu profond de la mer vient décharger sa colère contre les rochers. Les conditions météo et les embruns nous un peu gâché la séance photo. Dans ma mémoire, elle est restée comme l’une de nos meilleures balades malgré une rude lutte contre le crachin qui a encore fini en petite saucée. Au bout de trois semaines, on fini par lui trouver un certain charme à cette météo islandaise qui semble râler en permanence.

Durée 2h aller-retour d’Arnarstapi à Hellnar. Depuis le parking suivre les indications vers la côte. Longer le chemin escarpé, c’est très bien balisé.

Mais des balades, il y en a bien plus que la petite liste partagée ici. De dizaines d’autres. Sauf qu’au printemps, l’île entière est en état de décongélation, ce qui rend le terrain instable et trompeur, notamment lorsque des cours d’eau, sources chaudes et solfatares se cachent sous la neige. Dit autrement, les conditions météo vous fixent vite les limites. Mes trois règles pour des randos réussies en Islande : se renseigner aux points d’accueil avant de se lancer, attention où l’on met les pieds 😉 et prévoir toujours des vêtements de rechange dans sa voiture !

En Islande, après de longues journées à braver des vents froids et chargés de crachin, notre programme du soir aura été simple : un plat de pâtes pour se requinquer, un bon scotch malté pour se réchauffer et merci les bras de Morphée! C’est qu’il y a de prodigieux dans la marche, c’est qu’elle vous vide l’esprit, et peu après, l’effort stimule votre activité mentale. C’est une vrai thérapie.

Au moment où j’ai visité l’Islande, je venais de lire En marchant vers l’extrême, d’Howard Mccord et ses mots ont longtemps résonné dans ma tête

« La paix que je trouve réside dans l’imagination, dans le calme tourbillonnement de mon esprit accordé au rythme de la marche, au libre jeu des mots s’entrechoquant, suffisamment secoués pour créer une douce confusion… ce sont les prémisses d’un carnet »

Nos randonnées ont bel et bien été l’inspiration de ces quelques billets sur l’Islande que je continue à partager ici. Trois semaines dans l’île ne sont qu’un amuse-bouche… on y resterait à jamais.

Et vous, vous aimez les grands espaces? Quelles ont été vos randos préférées ?

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5 réflexions sur “ Islande: 10 randos coup de ♥ ”

    1. Comme je te comprends! Pour moi reste, le meilleur voyage de ces 3 dernières années. J’ai ramené des souvenirs pour l’éternité! 😉

      J'aime

    1. Well, if you are so motivated to go to Iceland… you might also start French lessons again 😉 Otherwise, you can always enjoy the photos. All of them come from my recent hiking experience in Iceland. Lovely!

      Aimé par 1 personne

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