Troupeau d'éléphants à Amboseli

Weekend Safari à Amboseli

Des éléphants… mais pas que!

Que celui qui n’avait pas les yeux tournés vers les médias le weekend du 1er mai dernier lève le petit doigt!  Allez, ne faites pas semblant, je parie que vous avez tous lu, écouté, instagramé et facebooké les images de la Magna Pyra d’ivoire que le Kenya a placée sous les yeux du monde entier.

Pendant que moi j’étais loin de Nairobi à m’extasier face aux précieux éléphants qui sont encore vivants. Mr le Président, entouré d’une poignée de célébrités hollywoodiennes, et pris d’une soudaine fièvre médiatique et écologique sans précédent au Kenya, a fait brûler des tonnes et des tonnes d’ivoire tout droit sorties du braconnage. Il parait que même Mme Royal y était! Le moment était bien choisi, le lieu aussi. C’était beau, c’était émouvant, c’était fédérateur et… prévisible, car il ne faut surtout pas oublier que l’année prochaine ce sont les présidentielles au Kenya!

Dans mon dernier billet, je vous arrosais de mon enthousiasme pour le Parc National d’Amboseli, mondialement connu pour son centre de recherche et ses nombreuses familles de pachydermes en libre circulation (les plus étudiés au monde!). Et bien, dans ce billet (après avoir poussé mon coup de gueule habituel), plutôt que de me perdre dans des tirades rhétoriques ou épistolaires, je vais vous montrer plus précisément comment profiter à fond d’un weekend à Amboseli.

Dans le parc d’Amboseli chaque étape de la journée a son importance, à commencer par le lever du soleil. Il est indispensable de se lever à la pointe du jour pour ne pas manquer l’un des seuls moments où le Mont Kilimandjaro a des chances de se laisse entrevoir entre deux parties de cache-cache. Quand l’âme du parc dévoile sa silhouette complète et fait parade de son sommet enneigé, vous auriez tort de manquer un tel spectacle parfois bref de seulement quelques minutes. Ce serait dommage que de devoir se contenter de deviner sa silhouette pendant tout votre séjour 😦

Elephant solidaire avec par fond le Kilimandjaro à découvert

Eléphants avec en fond le Kilimandjaro complétement caché

Réveil dès 5h30 pour un bon café chaud que le logement aura pris l’initiative de préparer; puisqu’à Amboseli tout le monde est du matin.  Pas besoin de partir l’estomac plein, assis dans la voiture on ne risque pas de dépenser trop d’énergie. Il est à peine 6h du matin, que le safari commence !

Qu’elle est belle la savane au petit matin, les amateurs de photo me l’accorderont : les jeux d’ombres et les couleurs sont inégalables à cette heure là, lorsque la lumière tiède du soleil est encore rasante et que la végétation enveloppée dans la brume forme des silhouettes fantomatiques.

Parc d'Amboseli dans la brume

Palmier-dans-la-brume-Amboseli Des lions au petit matin, Amboseli

C’est le moment le plus magique pour observer les animaux et prendre quelques clichés volés. Par fortes pluies, l’herbe des parcs est exceptionnellement haute ce qui peut parfois rendre difficile la visibilité des animaux, notamment les hyènes, les félins et leurs petits qui en font leur cachette. « Today I feel lucky for animals », répète sans cesse Raphael, notre chauffeur. Alors on ne s’inquiète pas, avec 7 ans d’expérience comme chauffeur et guide dans les parcs, il a rarement tort. Les félins se font vite repérer… par la longue queue de voitures de safari en arrêt buffet (c’est encore mieux qu’un GPS !)

Des voitures en safari font la queue à Amboseli

Ils sont là, couchés sous vos yeux: la famille entière de lions et le mâle dominant qui veille sur la carcasse d’un gnou qu’il vient de sacrifier pour le petit déjeuner… Roaaar … respect !

Lion surveille une carcasse au parc d'Amboseli

Plus loin, repérés depuis notre emplacement, on attend l’harmonieuse famille d’éléphants en procession qui nous fait l’honneur de traverser la piste juste devant nous. Sublime !

Des éléphants traversent une piste dans le parc d'Amboseli

Notre petit safari matinal continue, on profite du paysage en attendant que l’appétit nous gagne. Mais hélas, on tombe vite sur un nouvel embouteillage. Ce n’est pas la queue pour les toilettes… c’est le spectacle de trois guépards qui se lancent dans la course poursuite d’un lapin ! Incroyable, ils chassent devant nous, sous les roues de notre 4×4, sans aucune gêne. Et lorsque je laisse échapper une grimace à la vue du lapin en train de se faire déchiqueter, Raphael me rappelle d’un air amusé « It’s nature’s law ». Pauvre petit lapin, il n’avait aucune chance.

Guépard observe les touristes en safair à Amboseli

Par ci par là, quelques vautours aiguisent leur bec contre le tronc d’un acacia mort. La girafe masaï (qui contrairement à celle de Rothschild ne porte pas de chaussettes mais des collants) mâche des feuilles d’acacia dès les premières heures du jour.

Cette immense étendue marécageuse est le paradis pour les hippopotames, il y en a des dizaines avec leur bébés et on les voit si proches (c’est une façon de parler, car avec cet animal, un des plus dangereux en safari, il faut savoir garder ses distances). Ils sont bien plus nombreux qu’au Lac Naivasha dans le Grand Rift.

Maman et bébé hippopotame à Amboseli

Et sur le chemin de retour à l’hôtel pour le rendez-vous petit déjeuner : la danse des flamands roses, rien que pour nous yeux.

Des flamands s'envolent à Amboseli, Kenya

L’après-midi, juste après le déjeuner n’est pas un moment idéal pour circuler dans le parc (14h00-16h00). La lumière du soleil est trop forte, l’astre est au zénith et vous blanchit la moindre photo. Les animaux écrasés par la chaleur font la sieste cachés dans la végétation, là où l’herbe se fait plus dense. Aucune chance de tomber sur le même spectacle du matin. Il vaut mieux profiter de la piscine ou de la fraicheur de sa chambre.

En fin d’après-midi, Amboseli nous en a déjà mis plein les sens, et nous sommes presque fatigués par l’intensité des scènes dont nous avons été les discrets voyeurs depuis l’intimité de notre véhicule. Il arrive parfois qu’une seule journée à Amboseli suffise à vous combler.

Mais nous sortons pour un dernier safari avant la tombée de la nuit. C’est là qu’ayant déjà eu notre dose de félins au petit matin, nous partons à la recherche de l’éléphant : la star du parc. Les troupeaux que nous croisons sont constitués de femelles et leurs éléphanteaux. Seulement quelques mâles s’éloignent des troupeaux et errent solitaires dans les marécages. Lorsqu’une voiture s’approche de trop, ils se mettent en rogne… attention aux distances ! Celui là est tout droit sorti des marécages, et s’est mis en tête de nous couper le chemin et nous obliger à reculer. Nos calculs sont vite faits : 6 tonnes contre notre modeste 4×4… le combat est perdu d’avance !

Eléphant solidaire se balade à Amboseli

A l’heure du crépuscule, il faut déjà rentrer au logement car la circulation est interdite dans le parc dès 18h00. C’est à nouveau le moment de surveiller le Kilimandjaro. En ce début de soirée, se décidera-t-il à sortir la tête du brouillard ?

Kilimandjaro-derriere-nuages

Si vous avez moyen de débourser entre 60 et 80€ par personne, le parc d’Amboseli autorise des night game drives (safari de nuit) à réserver auprès des hôtels.

Sachez qu’un bon guide de safari sait bien s’entendre avec tout le monde et tisser des liens avec les autres chauffeurs afin de se faire confier les meilleurs spots où lions, guépards et léopards sont aperçus à chaque minute. Ne soyez donc pas étonnés de voir les guides se réunir entre eux ou s’arrêter échanger des informations pendant que vous roulez dans les parcs. Un safari réussi, c’est aussi un chauffeur et guide donnant-donnant.

Les temps forts du weekend : les bébés hippopotames, des lionceaux à un jet de pierre, les hyènes fainéantes qui guettent le moment où le lion mâle abandonnera sa carcasse, notre tête à tête avec l’éléphant solitaire et défiant, la chasse au petit déjeuner de la famille guépard… Toute cette vie sauvage autour de soi… je n’ai pas assez de mots en français pour la décrire. Voilà donc à quoi peut ressembler une journée typique, et certainement très fortunée, dans le Parc National d’Amboseli. Mais c’est ça aussi le safari, il n’y a jamais de répétition, tous les jours on assiste à des nouvelles scènes qui, de surcroît, se jouent en totale improvisation.

Donc, si vous êtes dans les parages ou atterrissez prochainement à Nairobi, ou directement à Amboseli, voilà ce qui vous attend! Dans mon billet précédent sur la magie d’Amboseli, vous trouverez quelques conseils pour préparer la visite du parc, rubrique « Visiter Amboseli ». Et n’oubliez surtout pas de faire « kili, kili » au Kilimandjaro de ma part! 😉

Loger, ou ne pas loger à l’intérieur du parc? Voilà une bonne question

Les deux choix sont possibles et sensés. Je pense que votre choix se portera sur l’une ou l’autre possibilité selon qu’il s’agisse de votre première ou deuxième visite à Amboseli.

Rester en dehors d’un parc suppose très souvent de loger dans des hôtels construits au sein d’une réserve privée ou conservancy. Sachez que dans ce cas, il y a toujours des frais d’entrée (puisque vous pouvez faire un safari dans la réserve au même titre), moins onéreux que ceux des parcs nationaux, certes, mais ce sont toujours des frais en sus. Vous aurez donc à payer l’entrée du parc ainsi que celle de la réserve privée où vous logez, et cela par intervalle de 24h et par individu. Personnellement, je trouve cette option intéressante pour profiter tranquillement de l’hôtel et de la conservancy (dans des emplacements de rêve, la plupart du temps) lorsqu’on souhaite diminuer les visites au parc d’Amboseli.

En général, cette réflexion vaut pour toute visite d’un parc animalier.

Après avoir longtemps hésité, pour une première visite nous avons fini par loger dans le parc. Les deux hôtels principaux (Amboseli Serena et Ol Tukai) sont superbes. Perso, une préférence pour ce dernier qui est le seul à offrir des vues imprenables sur le Kilimandjaro. Etre basé dans le parc est bien plus pratique lorsqu’on souhaite partir en safari dès le lever du soleil, l’heure la plus magique pour les animaux et la lumière. Pas de route supplémentaire à faire, pas de perte de temps, pas de stress, car les frais de visite sont dus par tranche de 24h et cela que l’on loge dans le parc ou en dehors. A la fin du séjour, il suffit de rester attentif à l’heure de sortie (check-out) pour ne pas se faire facturer un jour de rab !

Quand on est fou d’animaux et/ou que l’on vient exprès pour un safari photo, cette dernière est l’option à prendre car cela permet de profiter en toute tranquillité du créneau 6h-9h, mon préféré comme on aura pu le constater ;-). On est ainsi de retour à l’hôtel à temps pour prendre le petit déjeuner, déverser le trop-plein d’énergie dans la piscine après quelques heures enfermés dans la voiture (à Amboseli il fait chaud en toute saison), ou lézarder à l’ombre avant de se préparer pour le safari de l’après-midi une fois la grosse chaleur tombée. En tout, on aura réussi à faire 2 à 3 safaris par jour, avec pause et recharge de batteries 😉 sans besoin de sortir du parc. Car notez bien que toute sortie est définitive !

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Voiture de safari passe près d'une girafe

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17 réflexions sur “ Weekend Safari à Amboseli ”

  1. So beautiful and so magical to think those animals may not exist in thirty years because of the way they are hunted and pushed out of their territory. Your pictures are definitely treasures.

    Aimé par 1 personne

    1. Hi Trudy! It is really moving when you see them in real. I do realize more than ever the value of wildlife. About wildlife and human conflict the situation is often quite difficult to comprehend. As for poaching, we definitely have to do our possible to ban ivory and animal trade. I’ve recently learned that Saudis pay millions for having cheetah cubs as pets. I’m still shocked!

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  2. J’ai trouvé ton blog par le moyen de Clara (blogging buddy mais aussi amie d’enfance) et son linky, et j’ai vu qu’elle espérait que quelqu’un qui pouvait lire le français venait dans ce linky. Bref, je peux lire même si mon français écrit est plein de fautes et j’ai bien apprecié ton safari qui m’a rappelé le seule que j’ai fait, il y a 10 ans, au Kenya, mais dans le Mara. Superbes photos, surtout l’éléphant! J’ai aussi un linky une fois par mois (le 1er jeudi, donc jeudi prochain, le 2 juin) titulé #AllAboutFrance, et bien évidement c’est tout sur la France! J’ai vu que tu as des articles pas seulement sur l’Afrique, mais aussi Paris etc, donc si tu veux venir « link up » tu es la bienvenue!

    Aimé par 1 personne

    1. Salut Lou, quel plaisir. Merci! Je suis actuellement en séjour au Maroc, je rentre jeudi prochain à Nairobi ou j’aurais une meilleure connection, je vais regarder ton blog de près. Oui, ça peur être sympa aussi! A très bientôt!

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  3. Moi, j’avais pas vu ni entendu parler de l’ivoire détruit mais ok.
    Par contre, entre les girafes la dernière fois et les éléphants cette fois et le Kilimanjaro toujours en fond, je bave devant mon écran et va vraiment falloir que je prévoie un voyage au Kenya!

    Bonnes balades!

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    1. Oui, avec le gros coup médiatique de l’ivoire brûlé Mr le Président s’est surpassé cette fois-ci! Alors fais tes valises ou reste en ligne tout simplement, on a tellement de choses à découvrir 😉 Karibu Kenya!

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  4. J’ai lu quelques articles à propos de l’ivoire détruit en masse… Quel beau coup de comm’, effectivement !
    Mais pour revenir au sujet principal de ton article, le safari, et tes photos, ça m’a juste inspiré un « Waouh, la v*****, c’est magnifique ! waouh ! C’est… superbe ! waouh… ». Bref, ça laisse sans voix.
    Et, bon, je crois qu’entre toi et le Kili, il y a quelque chose 😉

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    1. Je passe les compliments sur les photos à mon cher qui est presque toujours derrière l’objectif quand il s’agit de tirer le portrait des bêtes!

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    1. Bonjour Caro, et bienvenue sur ces pages de safari virtuel! Ah oui, le Zimbawe (et le Bostwana aussi), j’en entends parler… on aimerai tout visiter en étant en Afrique de l’Est mais même un travail de tourisme à plein temps ne suffit plus! J’espère que tu pourras refaire l’expérience d’un vrai safari dans ces parages, sinon à travers cette petite fenêtre, côté vie sauvage, il y aura toujours de quoi satisfaire ses envies… 😉

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