Dessine-moi une girafe

Rencontre avec la girafe de Rothschild

Je me rends compte que je ne vous ai pas encore parlé des fantastiques animaux que nous avons la chance de côtoyer à Nairobi presque au quotidien. Ça ne vous aura sûrement pas échappé d’ailleurs, toutes ces images qui ont fait le tour des médias où l’on voit comment des lions du Parc National de Nairobi sortent faire un tour en ville. Ou encore ces autres images où des rigolos gardes officiels de la faune sauvage à Nairobi massacrent les félins les plus nobles du parc au nom de la sécurité citoyenne. Heureusement que les herbivores (bien plus nombreux) ne sont pas très attirés par l’ambiance urbaine, autrement à coup de protection il n’en resterait plus. Le plus enrageant c’est que ça fait scandale pendant quelques jours dans les quotidiens et puis on retourne vite ressasser le mono sujet d’actualité au Kenya depuis le jour de son indépendance : président-abus-corruption-lynchage.

Tout cela pour vous dire qu’il n’est pas toujours utile de partir en brousse chercher les Big 5 car rien que dans la capitale les espèces les plus fabuleuses se trouvent à un jet de pierre. Mais croisons bien fort les doigts pour qu’elles y soient pour longtemps!

Dans ce nouveau billet, je choisis de vous présenter ce magnifique animal autochtone qu’est Mme la Girafe de Rothschild.  Originaire de la savane, certes, mais qui doit actuellement sa survie à des projets de reproduction in urbe et au travail de sauvegarde mené par un lieu exceptionnel à Nairobi : le Giraffe Centre. Par travail de sauvegarde il faut essentiellement comprendre des fonds privés (car vous avez déjà un bel aperçu des bienfaits de la protection « nationale »).

Aussi imposant qu’il puisse paraître, le plus paisible des herbivores reste un animal très vulnérable face aux prédateurs naturels et aux braconniers, et cela sur l’ensemble du continent africain. L’espèce dite de Rothschild est particulièrement précieuse ici, puisque sur le nombre très réduit de girafes de Rothschild restant dans le monde 60% seraient au Kenya.

Au Giraffe Centre de Nairobi (un incontournable pour le touriste en herbe !) on a le privilège d’approcher Mmes les Girafes de Rothschild… d’aussi près, qu’elles nous mangent dans la main !

Un employé du Giraffe Centre nourrit les girafes

Tellement mignon vu comme ça, hein ? Mais je vous assure que c’est une expérience… comment dirais-je ? Marrante, fascinante, attendrissante?… gluante! La girafe possède une langue tentaculaire et très habile, quoique râpeuse et baveuse. Et vu qu’elle pêche de gourmandise, on ne s’en débarrasse pas si facilement. On repart avec des souvenirs mousseux plein la tête et les mains  😉

Un touriste donne à manger aux girafes de Rothschild à Nairobi

A Nairobi, la girafe de Rothschild ou girafe « à chaussettes blanches » (le surnom vient de son manque de tâches en dessous du genou) évolue dans une petite réserve boisée d’acacias dont les conditions sont proches de son habitat naturel.  Afin d’interagir avec ce mammifère longiligne, et pour notre sécurité, on monte sur une petite plateforme d’observation qui nous place à hauteur de cou de girafe. C’est impressionnant la facilité avec laquelle elle vient vers vous et vous prodigue des petits coups de museau pour réclamer des pellets. Ces  espèces de croquettes nutritives conçues spécialement pour son équilibre alimentaire (et distribuées en grosses poignées aux touristes) la rendent folle.

Touristes en visite au Giraffe Centre de Nairobi

Le Giraffe Centre est une affaire sérieuse, je ne le discute pas. Toutefois, quand ça dérape, certaines de ses pratiques se rapprochent dangereusement de la zoophilie.  A droite, on vous parle d’aide à la reproduction et à la sauvegarde des espèces, et pendant ce temps, à gauche, un touriste scabreux roule un patin à Mme la Girafe de Rothschild. Et oui, au Giraffe Centre, outre caresser la courte crinière de l’animal, vous pourrez expérimenter le selfie avec petit bisou sur la bouche et plus si affinités. Le touriste qui se donne la peine de venir ici aime les animaux, certes, mais de là à se lancer dans un échange de fluides avec une Girafe de Rothschild … ce serait mal le connaître ! Le « selfie à la pelle de girafe » ?… c’est affligeant la facilité avec laquelle les réseaux sociaux nous poussent à tomber dans la démesure. Dites, je ne suis quand même pas seule au monde à penser qu’on se doit de respecter la dignité des animaux, n’est-ce pas ?

Et maintenant que j’ai poussé mon (discret) coup de gueule hebdomadaire, je vais vous expliquer ce que le Giraffe Centre fait de plus sérieux quand il n’a pas de touriste dans les pattes 😉

Giraffe-de-Rothschild

Quelques mots sur le Giraffe Centre

Lorsqu’en 1979 le couple britanico-américain Leslie-Melville découvre affolé qu’il ne reste plus que 120 girafes de Rothschild au Kenya, l’épouse Betty décide de rapatrier deux jeunes girafes à Nairobi afin de surveiller leur évolution. C’est là que la fondation et le système de levée de fonds on vu le jour.

L’African Foundation for Endangered Wildlife (AFEW), connu plus populairement comme Giraffe Centre, s’est fixé deux objectifs :

1 -Assurer la reproduction de la girafe de Rothschild dans la réserve située à Nairobi

2-Mettre en place des projets éducatifs et de sensibilisation à l’environnement et à la conservation des espèces à destination de la population locale. L’équipe intervient auprès de nombreuses écoles et des sorties sont ainsi conçues pour des enfants défavorisés ne connaissant pas d’autre animal que les chiens faméliques de leur bidonville.

L’accueil du grand public reste donc minoritaire, la cible principale ayant toujours été la jeunesse kenyane. Les projets de conservation sont financés uniquement avec les entrées et les achats faits dans boutique de souvenirs. Grâce à ce dernier, non seulement des centaines d’écoliers kenyans visitent chaque année gratuitement le projet de conservation, mais, en outre, le Kenya compte déjà plus de 300 girafes de Rothschild présentes au sein de plusieurs réserves naturelles du pays, dont la discrète Soysambu (Ranch) Conservancy qui fait partie de mes GRANDS coups de cœur dans le Grand Rift kenyan.

Pendant la visite, on apprend de nombreux faits surprenants sur cet animal à l’élégance haute de 5 mètres, et qui finira par vous fasciner autant qu’à moi. Saviez-vous que la girafe ne dort que 45 minutes par jour, grand maximum ? Ou qu’un coup de ses sabots peut vous tuer un lion sur le champ (son seul prédateur) ? Que la girafe porte le girafon pendant 15 mois ? Et que quand elle met bas le bébé fait une chute de 2 mètres de haut ? Mais je ne vous en dis pas plus, comme cela vous êtes sûrs de passer à la fondation rencontrer de près la girafe de Rothschild 😉 tout juste avant de vous embarquer dans un safari pour l’observer en pleine nature.

La réserve du Giraffe Centre est loin d’être un zoo

Dans son milieu naturel, se tenir si près de la girafe serait impensable. Le Giraffe Centre vous offre le privilège d’une telle expérience. Mais s’il vous plait, rendez service à Mme de Rothschild, ménagez la dignité de cet animal fabuleux sur les réseaux sociaux et ne vous donnez pas en spectacle. Pensez à laisser vos accès de zoophilie dans la voiture ! 😉

Lorsque l’envie vous gagne

Ouvert tous les jours (y compris fériés) de 9h00 à 17h00, le Giraffe Centre se situe dans le quartier verdoyant de Karen, à l’écart du centre de Nairobi, mais il est facile de s’y rendre en voiture/taxi.

Entrée pour touristes 1 000 ksh (10 USD)

J’ai été contente de ne pas rencontrer de gros attroupements sur place car l’endroit propose aux visiteurs une surface très réduite. Mais, si par malchance, un car de « machines à selfie » débarque, cela dévient rapidement très agaçant. Si vous êtes à Nairobi, allez-y tôt le matin car cette fondation fait partie des seuls rendez-vous touristiques que le visiteur de passage est tenté d’honorer. Quant à l’affluence, les agglomérations touristiques à Nairobi restent complètement aléatoires car depuis déjà un moment, le tourisme au Kenya évolue avec des hauts et des bas.

De même, il existe à Nairobi, non loin du Giraffe Centre, une deuxième fondation très bien établie et qui m’a beaucoup touchée. Esprits sensibles, ça risque de vous faire craquer…  Je vous prépare vite un article là-dessus, vous savez déjà que j’aime bien faire durer le suspens!

So.

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6 réflexions sur “ Dessine-moi une girafe ”

    1. Je suis ravie de trouver davantage de fans de Mme la girafe. Merci de vous être arrêtée quelques minutes ici, si vous connaissez des fans d’éléphants çà ne saurait tarder 🙂

      J'aime

    1. Moi aussi, je les adore (après le guépard, bien sûr!) et je trouve que ce projet est superbe pour ceux qui n’ont pas le temps ni les moyens de se payer un safari en brousse. Mais je pense surtout aux petits, c’est tellement chouette de se tenir si près d’elles!😉

      Aimé par 1 personne

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