Perles en vrac, chez Kazuri beads

Kazuri: des femmes et des perles

Faire du shopping engagé au Kenya

Depuis une modeste mise en bouche qui date de la période de noël, je me suis dit qu’il fallait enfin que je parle artisanat dans ce blog car mon petit tour des artisans de la capitale commence à porter ses fruits.

En décembre dernier, je vous faisais connaître les populaires expos ou marchés de noël locaux qui attirent vers la capitale des artisans de tout le pays venus montrer leurs produits. Depuis, j’effectue avec intermittence mais sans relâche une sélection des projets artistiques présents à Nairobi, car bien que mon temps de lycéenne qui se délectait en cours d’ars plastiques soit déjà révolu, tout ce qui touche à la création manuelle provoque chez moi un réel engouement.

Peu à peu, j’aimerais vous présenter des projets qui m’ont touchée de par leur caractère social et durable, parce qu’ils font du bien à l’environnement ou tout simplement par leur inventivité. Car une chose est sûre : l’inventivité des kenyans ne connait pas de limites.

Ces projets cachent de belles philosophies et permettent aux populations les moins loties de s’assumer financièrement et d’améliorer le niveau de vie du foyer. L’artisanat étant une source importante de création d’emploi pour un pays comme le Kenya, je suis de l’avis qu’il ne faut pas se limiter à encourager le touriste à acheter, mais il faut aussi le pousser à découvrir et apprécier le travail qui se cache derrière l’objet de sa convoitise.

En ce jour international de la gent féminine et pour mon premier billet sur l’artisanat, je mets les femmes kenyanes à l’honneur en vous proposant une visite chez KAZURI BEADS.

J’ai visité les ateliers de Kazuri au moins trois fois depuis le mois d’octobre, j’en sors toujours aussi charmée. Quant aux travailleuses, je sens qu’avec mon seul regard riche de curiosité, je valorise leur labeur.

Kazuri c’est pour moi 3 choses : du business éthique, de la créativité, et surtout de la beauté qui tient de son engagement social.

Le concept Kazuri

Ce projet qui a démarré en 1975 grâce à l’esprit altruiste d’une britannique qui souhaitait venir en aide à des mères célibataires, emploi aujourd’hui près de 350 femmes de plusieurs ethnies kenyanes se retrouvant en situation très précaire, ayant à leur charge le foyer familial et/ou ne possédant pas le bagage nécessaire pour accéder à des emplois plus spécialisés.

A l’origine du projet, la bienfaitrice Lady Susan Wood a commencé par fait venir les premières machines ou pressoirs directement du Royaume Uni, ainsi que de l’argile ou de la glaise qui était difficile de se procurer au Kenya. Ces machines améliorées sont encore à l’usage tandis que la terre provient maintenant du Mont Kenya; une facilité qui a permis de faire décoller la production. Kazuri est donc devenu aujourd’hui un « business » éthique et un bel exemple d’insertion par l’activité économique (IAE).

Ces dames qui passent leur journée de travail aux ateliers de Kazuri reçoivent en échange un salaire plus qu’honnête (pour la moyenne kenyane) ainsi qu’une couverture maladie pour elles et leur famille.

La méthode Kazuri

Le mot Kazuri vient du swahili et s’emploie pour qualifier quelque chose de « petite et jolie ». Très fidèles à la réalité de leur langue, ces dames façonnent des minuscules objets qui, eux, en revanche, ont un impact énorme sur leurs conditions de vie et celles de leur foyer.

On voit ces kenyanes souriantes, épanouies, ça les amuse de travailler en équipe. Le passage des visiteurs ne les perturbe en rien, on est médusés par leur dextérité à façonner, percer ou enfiler des perles.

Dès qu’on traverse la porte du premier atelier, on est pris dans la quiétude qui règne dans la colonie. Ces ouvrières restent toutes très concentrées, chacune sur la tâche qui lui est confiée pour la journée. Dans les salles où les dames s’attèlent à la peinture des perles, l’ambiance est encore plus zen, la tâche semble exiger davantage d’application.

Tous les matériaux restent locaux sauf la peinture qui est encore importée. Chaque femme pouvant fabriquer entre 900 et 1 000 perles par jour, le tout est accompli manuellement. Après 2 cuissons, où les fours tournent exclusivement la nuit en raison de la forte chaleur qu’ils dégagent, les perles sont prêtes à être enfilées pour assembler des jolis modèles imaginés par elles mêmes.

Le produit Kazuri

Les bijoux se déclinent dans une grande variété de teintes pastel, vives, à motifs, unies, mates, nacrées… le choix est sans fin. Bracelets, colliers, boucles d’oreille, sautoirs et même décorations murales qui combinent céramique et crochet ou macramé. Les modèles Kazuri sont conçus pour plaire à tous les goûts et ne se limitent pas au bijou ethnique.

Chaque perle est modelée et émaillée entièrement à la main. C’est là que réside tout le charme de leur ouvrage : quelque soit notre choix, on repart toujours avec une pièce unique.

Dans les ateliers de Kazuri, on fabrique aussi quelques objets plus utilitaires en terre cuite. Bizarrement, le tour du potier est laissé aux hommes, allez savoir pourquoi ! Un petit rayon avec quelques réalisations en terre cuite est aussi dispo dans un coin de la boutique. Quoique de toute évidence, le bijou leur vole la vedette.

Mesdames, sachez que vous succomberiez à chaque visite… parole de récidiviste. Lors d’un tour shopping-artisanat à Nairobi, j’encourage vivement une visite aux ateliers de Kazuri. Votre halte touristique soutient l’économie locale et votre regard valorise le travail de toutes ces dames. C’est ce que j’appelle faire du shopping engagé. Aïe… je crois que j’ai encore l’embarras du choix !

Avis aux amateurs

Vous n’aurez pas de mal à trouver des comptoirs de vente Kazuri dans les principaux malls de Nairobi. Certes, c’est un raccourci… mais soyez curieux et rendez-vous aux ateliers! Vous pourrez aussi faire vos achats sur place. L’adresse est nichée dans le beau quartier de Karen, un peu à l’écart du centre, et la visite mérite bien le détour.

Pour vos plus grands élans de créativité, des perles de toutes formes, tailles et couleurs peuvent être achetées en vrac. Une salle de stock au fond de l’atelier, de fioles toute joliment remplie… fait rêver !

Perles en vrac, chez Kazuri beads

Sinon, parmi la diversité de modèles qui sont assemblés par les dames, vous trouverez dans la boutique de quoi vous faire plaisir. Il y en a vraiment pour tous les goûts, et les prix sont très raisonnables même pour une clientèle touristique.

Ouvert tous les jours, y compris le dimanche de 9h30 à 17h30. Visite gratuite conduite par des bénévoles très bien formés. On ne vous le dira pas forcément mais un petit pourboire est encouragé si vous repartez contents de la visite.

Si vous n’envisagez pas de venir faire un tour au Kenya prochainement, sachez que la créativité de Kazuri fait le tour du monde avec même une halte aux Galeries Lafayette à Paris. Côté budget… je vous laisse aller vérifier à ma place et me dire si les prix sont à la hauteur du snobisme parisien ? 😉

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11 réflexions sur “ Kazuri: des femmes et des perles ”

  1. Oui, c’est un projet qui cache une belle philosophie! Les bijoux sont simples et très beaux, tu peux toujours passer aux Galeries Lafayette à Paris 😉

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  2. C’est tellement joli !! J’aime beaucoup de ce genre de produits artisanaux chargés d’une histoire originale comme celle là 🙂

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