Vue sur les Ngong Hills, berger masaï avec bétail dans la distance

Hiking Ngong Hills

Randonner sans quitter Nairobi

Malgré le joli coin de verdure que nous possédons à la maison, dès qu’on met les pieds hors de notre compound, on ressent tout de suite l’impact que Nairobi, ville moderne et tumultueuse, provoque sur nous. Quand on habite une capitale comme celle-ci, il ne faut pas sous-estimer l’effet bénéfique du grand air.

Le weekend dernier, nous avons boudé le brunch dominical (ou la paella comme diraient mes concitoyens espagnols). Dès l’aube, nous sommes partis faire connaissance avec les mythiques Ngong Hills à 22km au sud-ouest du centre névralgique de Nairobi. Avis aux fans de Robert Redfort et Meryl Streep, il n’est pas question dans ce billet d’Out of Africa… mais de nature !

Vue sur les Ngong Hills, parc éolien dans la distance

Amateurs de grands espaces que nous sommes, nous avions entendu parler de l’antidote et étions bien disposés à le tester: la rando sur la réserve naturelle des Ngong Hills. Pour randonner sans quitter la capitale, ce qui n’est pas toujours évident, celle-ci est la rando idéale. C’est aussi un coin très plébiscité pour les joggeurs professionnels kenyans en entraînement pour le prochain semi-marathon, ou tout simplement comme échauffement pour le Mont Kenya ou le Kilimandjaro (on se tâte sérieusement !). La particularité technique du site des Ngong Hills ne réside pas dans la difficulté du parcours dans son ensemble mais plutôt dans l’alternance montée-descente de ses pentes très raides, ce qui en fait un bon exercice d’échauffement pour la randonnée en montagne.

Berger masaï avec bétail sur les Ngong Hills Kenya

Pour atteindre les Ngong Hills, vous aurez à faire face à la circulation automobile complètement insensée de Nairobi en empruntant l’un des axes les plus redoutés de la capitale: la Ngong Road. Mais une fois sur place… détente garantie rien qu’à la vue du vert citronné des pâturages frais et du va-et-vient de l’herbe tyrannisée par le vent.

Ngong (Knuckles en anglais) est le nom masaï donné au site en raison de son aspect géographique. En effet, il ressemble aux 4 bosses des phalanges qui ressortent sur nos mains, poings fermés. Tout comme les jointures des doigts, les collines s’enchaînent de très près. La petite distance restée entre chaque vous empêche de reprendre votre souffle. Les quatre premières ont la réputation d’être les plus sévères, et non sans raison. Il vaut mieux s’y prendre avec douceur et faire l’ascension en zigzag. Car lorsque vous aurez franchi la première, la deuxième vous surprendra en difficulté… mais probablement pas autant que la troisième et puis la suivante semble déjà vouloir vous résister. Entre elles et vous, une joute muette se tient! Mais rassurez-vous, même si vous n’êtes pas un randonneur chevronné, vous finirez triomphant en atteignant le point culminant à 2 640m d’altitude.

Et après l’effort, vient toujours le réconfort. Le terrain vallonné laisse place à une descente de plusieurs kilomètres, en pente douce, jusqu’à la sortie du site à Kona Baridi. Si vous croisez plusieurs bergers masaïs qui conduisent leur bétail vers les hauteurs de la réserve, c’est que vous marchez dans la bonne direction.

C’est bien de se concentrer sur l’effort, mais il ne faut surtout pas négliger le paysage grandiose, à droite s’étend le Great Rift Valley, à gauche, dans la distance, la ville de Nairobi. En absence de brouillard ou de brume de chaleur, on peut même voir la skyline de Nairobi.

En haut de plusieurs sommets, la végétation vous encerclera de la tête aux pieds et tâchera de vous couper le pas. Choisissez bien vos vêtements car le poison ivy ou herbe à puce déploie ses feuilles terriblement urticantes !

Sur la plupart du chemin, vous devrez faire face à la détermination du vent, il est donc difficile de trouver un endroit pour se poser ou s’adonner à la contemplation. Une fois que vous aurez franchi la succession de bosses et entamé la descente, il devient impossible de s’abriter du vent puisqu’il a ratissé toute végétation. Pensez donc à manger votre casse-croûte avant la dernière bosse. Ah ! et restez attentifs aux buissons car la légende veut que des buffles soient dans les parages (comme un peu partout au Kenya). A ce sujet, se reporter à la fin du poste à propos de la pertinence de se faire accompagner par un guide armé.

Après un aller-retour vous êtes lessivés, non pas dû à l’effort physique mais à l’obstination du vent dans vos oreilles. Bizarrement, ça fait du bien. Sommeil profond assuré !

Avis aux amateurs!

Droit d’entrée à la réserve: touristes 600 Ksh, résidents 400 Ksh, locaux 200 ksh

Point de départ : poste des rangers du KFS

Fin : carrefour de Kona Baridi, pointe sud

Difficulté : modérée, mais attention à la violence du vent

Durée : Aller 3h, cadence normale avec arrêt pique-nique. Vous pouvez laisser votre voiture au parking près de la barrière du poste du KFS (ou stationner un peu plus haut à l’antenne du poste d’aviation). Si vous faites la balade dans un seul sens, il faut que quelqu’un emmène votre voiture à Kona Baridi de l’autre côté de la réserve, au point sud.

Pour un aller-retour au point de départ, compter 4h avec cadence normale.

Accès : En voiture ou taxi, par la Ngong Road vous passez le carrefour Dagoretti, le quartier de Karen et le village de Ngong. A la sortie du village de Ngong prenez à droite et suivez les panneaux « Wind farm » qui mènent au parc éolien de KenGen. La barrière du Kenya Forest Service se situe au pied des premières éoliennes. C’est l’entrée du site. A partir de là, vous pouvez démarrer tout de suite à pied ou monter encore 2km en voiture jusqu’à l’antenne du poste d’aviation.

Image des éoliennes du parc des Ngong Hills

Matériel :

-Crème solaire (vous êtes à plus de 2500 mètres d’altitude)

-Un bon couvre-vent, ça tourne au froid rapidement (pire en cas de pluie)

-Chaussures de marche fermées. Éviter les sandales de rando (racines et rochers proéminents) et surtout les shorts car l’ortie et l’herbe à puce (poison ivy) sont chez elles ici !

-Un bâton de rando soulagera la pression sur les genoux lors des descentes très pentues des premières collines (si vous faites l’aller-retour).

Faut-il se faire accompagner par un ranger du Kenya Forest Service (KFS) ?

Sur le principe de précaution, je serais tentée de dire oui. En revanche, quant à l’utilité réelle de la chose, soit disant pour vous protéger des malfaiteurs et des buffles cachés dans les buissons, je dirais NON. Nous avons cédé à l’insistance presque menaçante des officiers du poste d’accès et nous avons pris un ranger armé. Pour commencer, pas moyen qu’il nous donne un reçu après paiement, pourtant ils ont bien mis l’accent sur le caractère « officiel et obligatoire » de la prestation (2 000 ksh par ranger). Résultat des courses, je parie que le type s’est mis l’argent dans la poche, comme il a l’habitude de faire. Ensuite, le ranger n’a fait que nous presser pour arriver à la fin du chemin et très vite s’est mis à marcher à un kilomètre de distance devant nous. Heureusement, pas de buffle à l’horizon, les seules crottes que nous ayons trouvées sont celles des biquettes des bergers masaïs, quelle protection avons-nous obtenu ? Aucune. Cerise sur le gâteau il n’a pas particulièrement apprécié que l’on se pose piqueniquer et profiter du paysage. Forcément, le retard lui fait perdre des clients l’après-midi.

A savoir que cette pratique est assez controversée y compris parmi les locaux. Qui accepte de débourser 2 000 ksh (20 dollars) à chaque weekend au vert ? Ça fait encore partie de la série d’abus qui alimente la corruption dans la capitale. En tant que touriste, vous êtes la cible parfaite. A vous d’évaluer et d’accepter de payer un ranger… ou NON.

Cette fois-ci nous avons choisi de faire le trajet dans une seule direction, on laisse le retour pour une prochaine fois. La réserve des Ngong Hills est un site que je conseille impérativement de visiter lorsqu’on s’arrête à Nairobi. Toutes les grandes capitales ne peuvent pas arborer un coin naturel de ces caractéristiques à moins d’une heure du centre ville, et cela atténue l’image bétonnée qu’on s’en fait.

Pour une cervelle citadine comme la mienne, c’est un vrai site thérapeutique ! Et vous, qu’est-ce que vous avez fait de beau le weekend dernier pour décompresser ?

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5 réflexions sur “ Hiking Ngong Hills ”

  1. un weekend au vert ne peut être que bénéfique! avec de tels paysages, encore mieux, c’est certain! belle balade, apparemment, mais dommage de devoir être accompagnés quand cela ne semble vraiment pas nécessaire…
    En tous cas, ça a l’air parfait comme mise en jambes pour le Kili (j’y pense aussi mais je ne sais pas pour quand…)
    Bonnes balades!

    Aimé par 1 personne

    1. Pour nous, le Kili peut être pas tout de suite mais on recherche des spots d’échauffement! Si tu survoles le Kenya dans les trois ou quatre années à venir, fais-moi signe, tu risques d’arriver via Nairobi! 🙂

      Aimé par 1 personne

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