40 sur l’herbe

Ou comment s’en sortir lorsqu’on a failli oublier l’anniversaire de sa moitié.

Ce mois d’août je n’ai pas vu la mer. C’est horrible de constater que c’est la première fois que cela m’arrive, j’ai presque le vertige. Un gros déménagement se profile à l’horizon, donc pas de vacances en perspective. Ou du moins, pas de celles que j’aime. C’est carrément une prise d’otage. Je ne le soupçonnais pas à l’époque mais rallonger mes vacances du mois de mai s’est avéré être une décision TRES judicieuse. Il faudrait que j’arrête de songer aux vacanciers ou ma saison estivale va encore s’éterniser. Fin de la digression!

Tout début août, la tête dans le guidon, des cartons plein l’appart, un quotidien sens dessus dessous, le thermomètre qui dégringole, la nostalgie de la mer, un chat qui se morfond sur le canapé, enfin, vous voyez le portrait… j’ai failli oublier (la veille !) que c’était l’anniversaire de J. La date était imminente et me laissait à peine quelques heures pour me retourner. Alors, complètement à court de temps, d’inspiration, et sous le coup de l’émotion, je me voyais dangereusement envisager l’une des options suivantes :

A – lui offrir une carte cadeau « valable pour un saut en parachute »;
B – clôturer mon livret A pour lui payer un safari en Tanzanie;
C – faire semblant d’avoir oublié la date, tiens au moins comme ça c’est réglé !

Euh… heureusement qu’il me restait encore une once de bon sens pour trouver une quatrième option. D’un air très décidé donc, j’improvise: je sors de l’impasse en lui annonçant un pique-nique surprise. Ça c’est parfait puisque à l’improviste. Le cadeau irréprochable, ouf ! j’ai presque failli m’auto congratuler.

Il restait à trouver le lieu.

L’été dernier, son anniversaire nous le fêtions en Espagne en toute sérénité, entourés de belles plages au sable fin, du genre très idyllique, un parfait tête à tête estival dans la belle Alicante. Je vous en parlais la rentrée dernière, tout en vous vantant les vieilles bonnes petites adresses de cette ville que j’aime tant. Ses 40, il va les fêter à deux pas de chez nous, histoire de profiter pleinement de la journée au vert et d’éviter les bouchons d’un weekend classé noir par Bison Futé.  On va se contenter du Parc de Saint-Cloud, de l’autre côté de la Seine.

Côte menu, une affaire de vitale importance si je m’en tiens à la devise de Calixte Beyala** : l’homme on ne l’attrape que par le ventre… donc pas question de faire dans le «rouge-rillettes-cornichons ». Ici je me fais un point d’honneur à préparer le repas de ce déjeuner sur l’herbe. En cherchant parmi mes meilleurs souvenirs culinaires de voyage, j’ai plutôt tapé sur quelque chose de rafraîchissant, aux saveurs du moment car la journée s’annonce belle mais très chaude…

La bouteille : l’inconditionnel champagne que je lui ai demandé de choisir parmi ses coups de cœur. Un peu de participation faisait partie du jeu, c’est donc la cuvée Roses de Jeanne de Cédric Bouchard qui a remporté la médaille. Absolument délicieux, j’espère que vous aurez un jour la chance de vous disputer l’une de ses bouteilles chez le caviste.

Le plat : ceviche au filet de cabillaud frais acheté le matin même au marché et mariné au citron vert. Que des bons souvenirs communs de notre année sabbatique en Amérique Centrale et du Sud, où nous avons appris à préparer ce plat à la mode péruvienne. Ici je l’ai modifié légèrement pour une pointe plus colorée et plus craquante : poisson cru, avocat mûr à point, radis, maïs jaune et coriandre fraîche. A servir avec des chips de banane ou de patate douce. Le secret d’un bon ceviche : ajouter le jus de citron vert seulement 10 minutes avant de le consommer sinon votre poisson ne sera que trop cuit ou caoutchouteux.

Picnic au ceviche

Le dessert : Ici, je rends hommage à mes profondes racines et à la concoction estivale par excellence de ma maman: la pêche au vin. J’ai quand même transformé la recette en quelque chose de plus sophistiqué, un métissage que j’oserai appeler sangría-bellini. Donc pêches jaunes (ou d’autre type, mais chair ferme), groseilles, feuilles de menthe fraîche, crème de pêche et cava (1 quart, 3 quarts). Le tout à préparer seulement 2 h à l’avance (les fruits sont meilleurs s’ils restent croquants) dans un bocal type Le Parfait esthétique et discret, qu’on n’aille pas croire que l’on consomme de l’alcool dans un lieu public 😉

Sangria bellini

Tchin, tchin…!

Et vous, avez-vous déjà pique-niqué dans le Parc de Saint-Cloud ? Pour moi qui suis basée dans les Hauts de Seine, c’est l’un des poumons de la capitale. Si l’on fait abstraction du festival du Rock en Seine qu’y si tient fin août,  le Parc Saint-Cloud semble mener une existence discrète de banlieusard. Il ne se donne pas de grands airs ni ne profite de la surface prétentieuse du Parc de Versailles, mais se contente plutôt de rester un endroit agréable pour se balader, faire du jogging et laisser ses bambins ou le chien se défouler.

Balcon de Paris Saint-Cloud

Le Domaine de National de Saint-Cloud a l’originalité de se situer à flanc de coteaux, avec une succession de jardins en terrasse qui s’échelonnent jusqu’au bord de la seine. Et le top : la belle perspective qu’il offre sur Paris et le quartier d’affaires de la Défense. C’est mon « balcon de Paris », le lieu idéal pour un pique-nique de secours et une longue sieste dominicale, la grande dame de fer sur fond d’écran.

Me voilà rassurée, déjà à la maison, on me fait savoir que j’ai pas mal rattrapé la gaffe 😉

Quarante est un chiffre important, un chiffre rond. Ils me plaisent bien ces chiffres ronds parce qu’ils demandent à ce qu’on leur accorde des moments singuliers.

Et vous, ça vous arrive quelque fois d’oublier une occasion spéciale ? Racontez-moi comment vous faites pour rattraper le coup…

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**Comment cuisiner son mari à l’Africaine
, de Calixte Beyala. Une lecture savoureuse, pleine d’humour et de gourmandise !

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4 réflexions sur “ 40 sur l’herbe ”

  1. Je note tes recettes, simples mais qui me donnent l’eau à la bouche ! Et effectivement très estivales (d’ailleurs, vais peut être tester ton dessert au Cava). J’imagine que Mister a facilement oublié le presqu’oubli 😉
    J’avoue fuir les parcs parisiens surtout les beaux jours pour éviter la foule, mon seul souvenir de verdure à Paris étant le calme du Lac Daumesnil pour courir (hors heure de pointe of course). Mais si j’ai l’occasion, j’irais bien découvrir Saint Cloud, tes photos bucoliques m’ont donné envie !

    Aimé par 1 personne

    1. Si la canicule sévit encore à NY ce cocktail est bien rafraichissant, en effet!!! Mais please à ne pas tester avec les références cava que je t’avais passées….on se comprend, non? 😉

      Aimé par 1 personne

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