L’Orchidée made in France

Cette semaine je démarre mon billet par un petit aveu : ce poste n’était pas à l’ordre du jour dans mon planning éditorial immédiat. La vérité est que je profite d’un cours auquel je participe en ce moment pour vous le glisser tout doucement dans ces pages.

Redevenue « élève » ces derniers quinze jours, j’avais parmi mes objectifs la publication d’un billet dont le sujet serait inspiré du blog d’un collègue d’université virtuelle.

En apparence très simple, c’est quand même un exercice qui bouscule vos habitudes parce ce qu’il vous force à trouver un sujet d’affinité avec vos fellows bloggers. Bien stimulant tout cela, oui… mais quid du défi d’insérer la thématique dans la ligne éditoriale de votre blog sans trop perturber le contingent de vos lecteurs habituels ? Bref, j’en étais là de mes calculs lorsqu’une sortie printanière il y a quinze jours m’a fourni le prétexte parfait, et donc la petite pièce manquante à l’engrenage.

Pendant mes tâtonnements Blogging 101 dans la blogosphère anglophone, j’ai eu la joie de faire la connaissance de Jean-Marcel, l’un des participants canadiens francophones qui fréquentent la plateforme. Une chance inouïe, car nous étions en minorité. Mes remerciements à Jean-Marcel pour son amour des fleurs, son art de la poésie, mais surtout sa passion de l’Ikebana, car c’est justement des fleurs qu’il s’agit dans ce billet.

L’appel du printemps aidant, ces jours-ci quelques vestiges de mon enfance s’agitent en moi. Pendant mes années au collège, j’ai bien appris la leçon : le mois de Mai, c’est le mois des fleurs. Ou du moins c’est ce que s’efforçait de nous transmettre Monsieur Joaquim, prof et fidèle représentant d’un modèle franquiste qui en était déjà à son dernier souffle. Vous, ça ne vous aura sûrement pas échappé que des fleurs il y en a aux quatre saisons. Alors pourquoi attendre tout bêtement le printemps pour en profiter ? Moi j’ai provoqué la belle saison dès le tout début mars, avec une visite chez Vacherot et Lecoufle.

Vacherot… quoi ?
Si ce nom ne vous parle pas, c’est que vous n’aimez pas les fleurs.

L’entreprise familiale Vacherot et Lecoufle est connue dans le monde entier comme l’un des plus anciens cultivateurs d’orchidées en France. Il y a encore quelques mois, je ne pouvais imaginer qu’une telle rareté se cachait dans la banlieue parisienne. C’est donc à Boissy Saint-Léger, dans le sud-est de Paris, que cette institution créé, reproduit et chouchoute depuis 1886, l’une des fleurs les plus mystérieuses et les plus fragiles qui soient : Madame Orchidée.

Je vois dans l’orchidée une plante qui ne s’apprivoise pas facilement ; une fleur atypique qui suscite des fantasmes et fait rêver de contrées luxuriantes. Elle me ramène immanquablement à l’artiste-peintre américaine Georgia O’Keeffe par la représentation si particulière qu’elle en a fait.

Allez, un petit exercice d’observation. Cherchez l’erreur ! Je vous lance le défi de distinguer dans ce pavé, les fleurs réelles et celles peintes par O’Keeffe.

**Ci-dessus images des tableaux de G. O’Keeffe libres de droit. Les clichés réels sont la propriété de mon Cher et tendre qui est passé à côté du Syndrome de Stendhal à l’Orchidarium de Singapour en 2012.

J’aime O’Keeffe, et s’il y a bien une fleur à fort potentiel érotique c’est bien l’orchidée. Vous conviendrez que l’artiste met fidèlement en valeur son caractère photogénique. Dit en toute simplicité: elle s’essaye à la macro dans ses tableaux. Ses peintures, affirme-t-on, font penser à une sorte d’anatomie « coquine » de la fleur ; ce qui, par suggestion visuelle, nous ramène à l’anatomie sexuelle de la femme.

Enfin, mise à part cette polémique freudienne, que celui qui n’a jamais reçu en cadeau une orchidée en pot lève la main. Vous gagneriez à inviter vos voisins à l’apéro un peu plus souvent…
Que vous habitiez en Île de France ou ailleurs, estimez-vous chanceux lorsque le cadeau provient de chez Vacherot et Lecoufle puisque la réputation de leurs plantes parcourt le monde entier pour participer à de nombreuses expos botaniques spécialisées.

Habitée par la certitude que les orchidées viennent forcément de pays tropicaux aux dégrées d’humidité faramineux, j’ai appris pendant la visite qu’il existe des variétés d’origine française. Parmi les orchidées exposées dans la serre, certaines sont nées en France, d’autres sont arrivées de l’étranger pour reproduction. Il y a là même des exemplaires vieux de 80 ans… Houlà! La petite dame qui me suit à la queue leu-leu frôle l’overdose d’excitation… elle fait sans doute partie de ces collectionneurs venus de loin.

Après bilan, ce que je retiens :

Le plus  des portes ouvertes en mars et octobre : les serres de collection centenaires, accessibles uniquement en visite privée. En quelques minutes, et sans prendre l’avion, on passe de la Cordillère des Andes à la forêt Amazonienne aussi aisément qu’on se balade d’une serre à l’autre. Un vrai régal pour les amateurs de photo en macro ! Si seulement les photos n’étaient pas interdites… 😦

Crédit photo: Vacherot et Lecoufle

Le encore plus ♥♥: vous pouvez apporter vos propres orchidées pour des conseils personnalisés, ou consulter lorsqu’elles peinent à retrouver leurs fleurs. Voilà un vrai défi qui peut prendre des années: réussir à faire refleurir votre orchidée. Un solide moyen de tester votre capital patience !

Impossible de repartir les mains vides, on a craqué… par une belle phalaenopsis ou « orchidée d’appartement » qui nous a demandé une bonne demi-heure de réflexion, avec l’aide avisée de M. Lecoufle. Les jardiniers en herbe, vous aurez tout intérêt à noter les conseils suivants : ne pas regarder la dépense lors d’un premier achat, choisir un spécimen robuste, lui accorder un coin près des fenêtres, l’arroser à l’eau non calcaire et ne surtout pas la laisser tremper car elle pourrit.

Celle-là, c’est notre phalaenopsis

Si vous n’avez pas la main verte, vous pouvez toujours opter pour une balade dans leur serre de vente. C’est déjà un sacré dépaysement.

Orchidées Vacherot & Lecoufle
29 rue de Valenton
94470 Boissy St Léger
A 30 km au sud-est de Paris

La prochaine visite est déjà réservée dans mon agenda d’automne. Je reviens en octobre pour des nouvelles variétés qui n’ont pas la même période de floraison. Pensez-y ! Des fleurs pour la fête de maman, mamie et belle-maman?

Allez, à qui allez vous offrir la prochaine orchidée  ?

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23 réflexions sur “ L’Orchidée made in France ”

  1. Hi I have been wanting to read your posts and finally figured out how to use a translator. What a wonderful post to start with; Orchids are so admirable! I enjoyed the Georgia O’Keeffe paintings next to photo’s, she was an excellent artist and actually still is. 🙂

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    1. That’s great ! I think there is the O’keeffe’s museum in New Mexico, right ? I like details in photography and I find her paintings on the centre of flowers are so real. Orchids might be very sexy flowers but it’s a pity to discover that critics have always seen her paintings as exclusively sexual images.

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  2. Ca donne envie (surtout du made in France).
    Effectivement, il faut bien les égoutter après leur bain et attendre que les racines sèchent un peu avant le bain suivant. L’orchidée, c’est tout un art… Beaucoup de passion et de patience.
    Si j’ai l’occasion, je m’offrirais cette merveilleuse fleur et prendrais soin de vérifier si elle vient bien de Vacherot et Lecoufle 🙂

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    1. Voilà une connaisseuse d’orchidées! J’en suis ravie. Je vois que tu as bien saisi pour leur soin. Moi, j’ai compris trop tard comment j’avais fait pour tuer l’orchidée qu’une collègue de bureau m’avait confiée pendant ses congés… 😦

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      1. Je crois que mes nombreuses erreurs (et les quelques orchidées qui ont fini au Paradis des fleurs) m’ont aidées à mieux m’y connaitre. Mais j’imagine qu’on en apprend tous les jours avec ces magnifiques fleurs.
        En tout cas, super article 🙂
        J’espère que tu nous tiendras au courant des floraisons de ta belle orchidée.

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  3. Superbe prestation et l’attente en valait la peine. Beau travail de présentation et d’écriture, cela coule agréablement et démontre un sens de l’humour remarquable.
    Je suis aussi passionné par l’orchidée mais je n’ai surtout pas le doigté et n’ai jamais réussi une deuxième floraison.
    Merci pour le coup de chapeau, et à mon tour je devrai peut-être revenir à l’orchidée…

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      1. On les utilise assez souvent quand il s’agit d’exposition pour le grand public ou de démontration par les grands maîtres. Il m’est arrivé de les intégrer dans une composition de style libre en démonstration. Je voudrais le faire plus souvent mais le coût est prohibitif. Je verrai si je peux faire une page de photos.

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