Bologne: balade au clair-obscur

Il y a 15 jours je quittais mes amis en Italie en traînant des pieds. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour retarder le retour à l’agitation de Paris ! Et bien, rester encore 24h à Bologne, la capitale culinaire.

Une confession à vous faire : ce dernier soir nous avons sacrifié l’aperitivo, et je n’arrive pas à y croire ! Mon Cher +1 s’est vu forcé de renoncer à son spritz. Mais il faut avouer que le weekend à Parme et ses environs a comblé nos estomacs. Alors on s’est dirigé vers les ruelles animées du Quadrilatero, avec pour seul objectif de faire une balade digestive. Et là, nous sommes tombés sur la face cachée du paradis du gourmet… Les mêmes ruelles qui regorgent d’épiceries en journée, nous les découvrons sous un nouveau jour. Les petits commerçants qui vous proposent des produits régionaux en journée, le soir venu, sortent tables et chaises, et la ruelle se transforme en un joyeux brouhaha de bars à vins où circulent des taglieri de salumi à profusion.

Dans les rues Clavature ou Pescherie Vecchie, il y a de l’animation mais aussi l’embarras du choix. Moi un verre de barbera à la main, lui un sangiovese, nous défilons devant les vitrines de charcuterie et nous succombons vite aux Tigelle de mortadelle et les Piadine de jambon. Nous voilà dans un coin de terrasse bien accoudés à déguster ces quelques amuse-bouche sur le pouce avant de retrouver notre auberge de jeunesse amélioré.

Pour une petite parenthèse, généralement nous choisissons de loger dans le centre-ville. Mais surtout stratégiquement à quelques minutes à pieds de l’arrêt de bus BLQ pour l’aéroport. Lors de ma recherche de logement de dernière minute, cette année je suis tombée sur un nouveau concept de logement : My room network. C’est l’esthétique d’un hôtel moderne mais le fonctionnement d’une auberge de jeunesse. Autrement dit, chambres grandes et spacieuses mais cuisine et salles de bain partagées. Plus intéressant qu’un hôtel, côté tarif, et confortablement niché dans des bâtiments magnifiques. Tout comme la ville elle-même !

Comment occuper les dernières heures en ville le lendemain matin? Il y a tellement de beaux édifices à contempler que je me contenterais de flâner le nez en l’air toute la journée. Le quartier juif, ou Ghetto ? Un coin charmant du centre-ville, mais que nous avons déjà arpenté antérieurement. Le Mercato delle Erbe ? La tentation serait trop grande, et puis nous n’avons qu’une valise !

Quelqu’un m’avait évoqué l’ambiance particulière du quartier de l’université, je m’y suis donc rendue la curiosité à fleur de peau.
Nous empruntons la Via Zamboni et les ruelles adjacentes, c’est le quartier de l’Università. L’ambiance de début d’année académique se fait sentir. Je retrouve ici mon atmosphère quotidienne à Paris, celle de l’enseignement supérieur. Pas de quoi être dépaysée. L’insouciance des étudiants flotte dans l’air car ils sont bien conscients que l’année n’est qu’à ses débuts. En ce lundi, on croise par ci et par là des Laureati, reconnaissables à la couronne de lauriers sur la tête. Ce sont les jeunes tout fraîchement diplômés, le regard heureux de soulagement mais le rire nerveux d’incertitude pour la suite…

Bologne fait valoir l’université la plus ancienne du monde occidental (1088). Que diriez-vous de marcher dans les pas de Copernic, Pic de la Mirandole, Dante Alighieri ou même Pétrarque… ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne peux pas m’empêcher de pénétrer dans les bâtiments des vieilles facultés européennes lorsque je visite des villes à la tradition universitaire comme Bologne. Je l’ai fait au cours de ma visite à Tolède, à Santiago de Compostelle, à Salamanque, à Oxford… j’en ressens le besoin, c’est une piqûre de jeunesse qui me projette des années en arrière.

La Via Zamboni est bordée d’anciens palais, les uns plus beaux que les autres. La façade du Palazzo Poggi qui abrite le rectorat est sublime. Quand je pense à l’austérité du campus fonctionnel où j’ai fait mes études en Espagne… comment ne pas craquer pour cette beauté à l’esthétique défraichie, et cependant toute aussi pleine de vie ?

Les fresques cotoient les scooters
Là ou les fresques côtoient… les scooters

A en croire les nombreuses successions d’arcades, pratiques en toute saison, on pourrait penser que la ville a été conçue en accord avec le climat. Par cette météo incertaine d’automne, elle nous tient lieu de parapluie. En été, les trottoirs et passages ombragés sont une alternative à la chaleur de l’Emilie Romagne. Dans cette ville, toute la magie réside dans ce jeu d’ombres permanent qu’est la balade au fil des ruelles truffées d’arcades et de galeries couvertes. Boulogne est pour moi la ville du « clair-obscur ».  A la tombée de la nuit, vers 18h30, les réverbères qui s’allument tous les cinquante mètres confèrent à la ville une allure toute particulière, presque d’un autre âge. C’est le meilleur moment pour profiter du charme des petits quartiers si l’on sait s’éloigner des grands axes.

Mais Bologne peut prendre des airs vénitiens aussi… Rendez-vous à la petite ouverture sur le Canale di Reno, un système d’eaux souterraines qui chatouille les pieds des maisons. Et nous pourrions continuer ainsi pendant des jours… mais l’heure de déjeuner a sonné !

Habituellement nous faisons un petit saut chez l’incontournable Tamburini juste avant de prendre l’avion.  Aujourd’hui, avec un timing moins serré, on va tester une adresse que je me suis laissé conseiller : le Mercato di Mezzo (accès par via Clavature ou Pescherie Vecchie).

Cet ancien marché sur trois étages qui vient tout juste d’être réhabilité est le lieu de rencontre de la gastronomie et du petit commerce. On peut donc choisir de faire ses emplettes gastronomiques,  mais encore mieux les déguster sur place. Comme en ce moment, c’est la grève de cochonnailles, direction le sous-sol à la brasserie Baladin. Ce n’est pas mieux, vous me direz… mais on a craqué pour les salades et les tartares de poisson. Il va sans dire que l’on compte bien goûter à la bière artisanale. Impossible de se décider parmi le choix d’arômes: bergamote et coriandre, 5 poivres, potiron (!), miel…

Mon regret cette fois-ci : ne pas avoir visité la Pinacoteca Nazionale ou encore n’avoir passé que peu de temps autour de la place de Santo Stefano. Ce n’est pas de chance mais à chaque fois que je visite Bologne, c’est en coup de vent et, très injustement, je ne lui accorde qu’une seule journée. Future promesse à tenir : faire de Bologne l’objectif principal de ma prochaine visite. Certainement pour les beaux jours, car nous quittons la ville sous une pluie diluvienne…

Elle ne manque pas de surnoms, cette belle ville : entre Bologne La Grassa (opulente) et Bologne La Dotta (érudite) mon cœur bascule. Mais je crois, qu’en vérité, j’ai une nette préférence pour le premier 😉

Alors, quelle est votre Bologne à vous?!

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2 réflexions sur “ Bologne: balade au clair-obscur ”

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